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Apeba refuse une nouvelle fois l’adoption d’un chien

KWAFÉ ZORDI !

Après les cas de Nadège Bertaux et de Lucky, une nouvelle famille d’accueil affirme aujourd’hui subir des pressions de l’association Apeba et de sa présidente Cécile Squarzoni.

Dans un message publié ce vendredi matin sur les réseaux sociaux, Catherine, famille d’accueil depuis début mars pour Kappu, petit chien pris en charge par Apeba et atteint d’un cancer des testicules, dénonce une situation devenue « l’enfer » : « On vous donne des ordres, on vous écrit tous les jours, jour ou nuit, on ne respecte pas votre emploi du temps. Et quand vous dites que vous voulez adopter l’animal, on vous dit non. »

Elle affirme également avoir dû gérer seule certaines situations personnelles, tout en subissant des demandes constantes de suivi : « Il faut faire des photos, des vidéos, donner des nouvelles du chien… » Et conclut : « Je me suis retrouvée pendant plus d’un mois avec un chien traumatisé qui aujourd’hui va bien (…) et là on me dit : on va venir le chercher. Bravo Mesdames, la protection des animaux, c’est votre fort, ça se voit. »

Quelques jours plus tôt, Catherine avait reçu un ultimatum de l’association lui demandant de restituer Kappu.

L’histoire débute pourtant de manière classique. Déjà propriétaire d’un chien et se décrivant comme « amoureuse des animaux », Catherine souhaite en accueillir un second. Sur les conseils d’une amie, elle se tourne vers Apeba et repère, sur Facebook, une annonce concernant Kappu, un chien errant en mauvais état de santé, encore non identifié.

Mais dès la prise en charge, l’organisation de l’association interpelle. Les échanges que nous avons consultés montrent que Catherine et la famille d’accueil initiale doivent s’organiser entre elles pour le transfert du chien, les bénévoles étant pris par leurs activités professionnelles.

C’est également à elles de gérer les premières démarches vétérinaires. Ainsi, lors de la première visite chez le vétérinaire, la famille d’accueil initiale a dû emmener Kappu pour son identification au nom de l’association Apeba, son premier vaccin ainsi que l’établissement de son carnet de santé, avant de déposer le chien dans une boutique proche du domicile de Catherine.

Un suivi médical qui interpelle

À son arrivée, le diagnostic tombe : Kappu souffre d’un cancer des testicules. À partir de ce moment, Catherine affirme que les relations avec l’association se dégradent rapidement. Elle évoque une pression constante, en particulier de la part de la présidente : « On me contacte le dimanche pour des photos et des informations. Quand je dis que je ne suis pas disponible, je reçois une dizaine de messages. Ce n’est plus de la communication, c’est du harcèlement. »

Une cagnotte est alors lancée pour financer une opération (exérèse d’une masse) estimée à 250 euros. Un premier rendez-vous est fixé, puis reporté par Karine pour raisons familiales, après en avoir informé l’association.

Mais lorsqu’elle tente de reprogrammer l’intervention, elle affirme avoir appris que celle-ci avait été annulée par Apeba : « L’association avait refusé l’euthanasie, pourtant recommandée par le vétérinaire. Et une fois la cagnotte remplie, l’opération est annulée sans prévenir. » Interrogé, le vétérinaire indique de son côté ne pas avoir connaissance d’une annulation de l’opération par l’association. Il précise que les deux rendez-vous programmés ont été annulés par la famille d’accueil. Les versions divergent sur ce point.

Le 7 avril, Karine contacte l’association pour obtenir des explications. Dans le même temps, Apeba publie de nouvelles annonces sur Facebook pour trouver une autre famille d’accueil, alors qu’elle affirme avoir exprimé dès le départ sa volonté d’adopter Kappu.

Une famille d’accueil qui se sent mise sous pression

Le mercredi 22 avril, la situation se tend encore. Selon les échanges que nous avons consultés, la présidente de l’association adresse à Karine une série de messages exigeant la restitution du chien, présenté comme « propriété de l’association ».

Dans ces messages, elle lui intime : « Vous le déposez chez un ami, dans une clinique vétérinaire où nous passons à votre domicile. » Plusieurs relances sont envoyées dans un laps de temps très court.

Karine affirme pourtant avoir obtenu une nouvelle date d’opération. Elle n’a cependant pas pu s’y rendre, le chien refusant de monter en voiture. Elle estime aujourd’hui subir des représailles : « J’ai l’impression qu’on me fait payer le fait d’avoir mis la pression à Apeba et évoqué les réseaux sociaux. On me reproche d’avoir menti sur la date de l’opération, mais c’était pour éviter qu’on me reprenne le chien comme ils ont failli le faire pour Nadège Bertaux avec Lucky. »

Comme pour les précédents articles, nous avons sollicité l’association Apeba. Une salariée n’a pas répondu sur le fond, estimant que « ces articles sont à charge et ne prennent pas en compte les deux versions ». Pour rappel, l’association avait répondu à nos questions dans le cadre de l’affaire concernant le chien Lucky.

Olivier Ceccaldi

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A propos de l'auteur

Olivier Ceccaldi

Photojournaliste, Olivier a tout d'abord privilégié la photographie comme support pour informer notamment sur les réalités des personnes exilées face à la politique migratoire de l'Union européenne. Installé sur l'île de La Réunion depuis 2024, il travaille principalement sur les questions de société et de l'héritage.

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