KWAFÉ ZORDI !
Avec 142 cas recensés depuis le début de l’année et une forte proportion de formes graves, la leptospirose atteint en 2026 un niveau exceptionnel à La Réunion. Face à cette situation, l’ARS renforce ses actions de prévention et appelle la population à une vigilance accrue, notamment lors des activités à risque en milieu humide.
À La Réunion, la leptospirose connaît en ce début d’année 2026 une progression particulièrement préoccupante, atteignant un niveau qualifié d’exceptionnel par les autorités sanitaires. L’Agence régionale de santé (ARS) tire la sonnette d’alarme alors que 142 cas ont déjà été recensés depuis janvier et qu’un décès fait actuellement l’objet d’une investigation médicale.
Cette situation inédite s’inscrit dans un contexte où la maladie, habituellement présente de manière endémique sur l’île, connaît chaque année une recrudescence durant l’été austral. Les conditions climatiques, favorables à la survie de la bactérie dans les milieux humides et les eaux douces, augmentent en effet les risques de contamination, notamment lors d’activités extérieures sans protection adaptée. Toutefois, les chiffres enregistrés cette année dépassent les précédents records, avec un pic particulièrement marqué au mois de mars avec 66 cas qui dépasse « le maximum mensuel observé en mars 2024 » avec à l’époque 61 cas.
Les données disponibles révèlent la gravité de la situation : plus de six malades sur dix ont été hospitalisés et, parmi eux, une proportion significative a dû être prise en charge en soins critiques (28 %). Les services d’urgence ont également été fortement sollicités. Ces éléments soulignent l’importance d’un diagnostic rapide et d’une prise en charge précoce pour limiter les complications.
Le Sud et l’Est davantage touchés
L’analyse des cas met en évidence des profils et des situations à risque bien identifiés. Les hommes sont largement majoritaires parmi les personnes touchées, tout comme les adultes âgés de 45 à 74 ans. Géographiquement, les régions Sud et Est de l’île concentrent une part importante des contaminations. Les activités agricoles, le jardinage, l’élevage ou encore les loisirs en eau douce figurent parmi les principales sources d’exposition. À cela s’ajoutent des facteurs aggravants tels que la présence de plaies non protégées ou la marche pieds nus dans des zones contaminées.
Face à cette recrudescence, l’ARS a intensifié ses actions sur plusieurs fronts. La surveillance épidémiologique a été renforcée en collaboration avec les acteurs de santé publique, tandis que des enquêtes environnementales sont systématiquement menées autour des cas détectés afin d’identifier les sources de contamination. Parallèlement, des actions de prévention de proximité se multiplient dans les zones les plus touchées, avec une mobilisation accrue des professionnels de santé pour favoriser un diagnostic précoce. La campagne de vaccination, lancée en 2025, se poursuit également pour protéger les populations les plus exposées.
Prévention et vaccination
Au-delà de la prise en charge, la prévention reste essentielle. Le port d’équipements de protection lors d’activités à risque, la protection des plaies, l’évitement des eaux stagnantes après de fortes pluies ou encore la vaccination pour les personnes exposées constituent autant de mesures simples mais efficaces pour limiter la propagation de la maladie.
Les autorités sanitaires appellent la population à redoubler de vigilance. La leptospirose, transmise par une bactérie présente dans l’urine d’animaux infectés, se contracte principalement par contact avec de l’eau ou des sols contaminés, en particulier lorsque la peau présente des lésions, même minimes. Les symptômes, souvent brutaux, associent fièvre élevée, douleurs musculaires et articulaires, fatigue intense ou encore troubles digestifs. Dans ce contexte, toute apparition de signes évocateurs doit conduire à consulter rapidement un médecin en mentionnant les éventuelles expositions à risque.
Alors que l’épidémie continue d’évoluer, les autorités assurent maintenir une vigilance étroite et adapter leurs actions en fonction de la situation, dans l’objectif de contenir cette recrudescence et de protéger durablement la population réunionnaise.
La rédaction de Parallèle Sud


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