LIBRE EXPRESSION
Depuis ces quarante dernières années les sciences du vivant suivent la voie d’une intégration des différentes spécialités des sciences de la vie à celles des sciences dites « humaines » académiquement arbitrairement séparées. Cette « consilience » devrait Révolutionner tant nos conceptions de la santé, de la médecine que de « l’art » d’éduquer les enfants. Ces nouveautés interpelleraient les parents de telle manière qu’attendre un enfant, l’accueillir et favoriser son développement subirait de profondes transformations au plus grand profit des bébés, de leur santé et de leur développement.
Nous rappellerons qu’il y a une quarantaine d’années, le médecin et chirurgien Guy Lazorthe, (1910-2014), membre des Académies de médecine et des sciences, affirmait que « le bébé vit pendant sa première année une vie purement végétative ». De nos jours, d’éminents chercheurs du CREA (Centre de Recherche en Épistémologie Appliquée) considèrent le nouveau-né comme « capable d’hypothèses et de tester ses hypothèses », le comparant à un « savant en herbe ».
Récemment, au plus haut niveau de l’État, il aura été confié au Docteur Boris Cyrulnik la responsabilité de repenser « les 1000 premiers jours de la petite enfance ». ; Cette annonce, non sans nous étonner que la période de gestation ait été laissée de côté, est bienvenue. Nous voudrions donc attirer l’attention sur les 270 jours qui précèdent la naissance et manifester notre enthousiasme pour les trois années qui la suivent.
Parmi les moments cruciaux et symboliques à la fois annonçant les prémices de changements de vision de cette période de la vie qu’est la gestation ou la grossesse — pour une mère une indéniable Révolution ! — ces 270 jours sont différemment vécus dans une société et même une civilisation qui semble découvrir tardivement son importance.
Nous relèverons qu’un couple de psychanalystes, atypique, proche selon nos critères de l’école de Carl Gustav Jung, Varenka et Olivier Marc, publie un ouvrage (*) au titre évocateur, « Le bébé qui se fait naître » (1981) impliquant que celui-ci pouvait être auteur de sa naissance. Ces deux auteurs postulent intuitivement et cliniquement que le fœtus garderait en mémoire les événements vécus associés à de fortes émotions ; et que ces souvenirs peuvent s’exprimer indépendamment de toute conscience au travers de dessins dès que ces derniers sont capables de dessiner. Le fœtus, selon ces deux auteurs, devrait avoir une sensorialité discriminative, mémorielle et inconsciente. Elle se fixerait sans la moindre prise de conscience tant chez l’enfant que du point de vue d’un observateur extérieur cherchant vainement à la localiser dans la matière organique. De nos jours, avec les progrès accomplis sur ce thème de la discrimination sensorielle, les travaux de ces deux chercheurs ne devraient-ils pas être envisagés à nouveau ?
Un autre auteur, Mauro Mancia, Professeur de Neurophysiologie et Psychanalyste (1927-2007) étudie « La vie prénatale et la naissance du SOI », toujours dans cette même perspective d’exploration de la vie sensorielle et développementale du fœtus. Les perceptions des chercheurs dans ce domaine de l’exploration scientifique de la vie fœtale se réfèrent à des modèles animaux dont il est connu depuis des décennies que la vie des fœtus est vulnérable aux stress. Mancia est plus qu’explicite pour le bébé d’homme lorsqu’il dit, déjà en 1989 : « Se pose à nous un problème épineux : est-il possible que le fœtus soit capable de faire une expérience affective du plaisir ou de la douleur ? Si l’on observe le fœtus à l’intérieur de l’utérus, la façon dont il se déplace dans le liquide amniotique pour occuper le plus d’espace possible, ou dont au contraire il se recroqueville sans bouger dans un coin de l’utérus, les expressions faciales lorsqu’on ajoute du doux ou de l’amer au liquide amniotique, les réponses motrices aux stimuli agréables, stressants ou douloureux, le geste du pouce porté à la bouche, en considération, donc, de ces différents éléments, il est difficile de penser qu’un ton hédonique, ou pour le moins certains principes liés au plaisir ou au déplaisir ne soient pas déjà présents chez le fœtus et ne contribue pas à organiser la qualité des expériences affectives les plus primitives au moment de leur apparition ». « Vie prénatale et naissance du soi », in Le fœtus et son entourage, m+h Editions — Médecine et Hygiène, Genève, 1989. Notons que cet auteur aussi se rapproche d’une vision jungienne du SOI qui élargit la notion restrictive du Moi selon Freud.
Le Professeur Henri Laborit (1914-1995) aura été l’un des premiers chercheurs à attirer l’attention des conséquences délétères d’une agression répétée dans la vie fœtale susceptible d’engendrer un développement ontogénétique de vasoconstriction chez le fœtus au détriment d’un développement en vasodilatation favorable à l’oxygénation des tissus.
La pédiatre Ginette Raimbault (1924-2014) directrice de recherche INSERM, a à plusieurs reprises attiré l’attention sur le préjudice phénotypique des petites tailles chez des nouveau-nés humains carencés en soins maternels du fait de placement de ces enfants en pouponnière.
Le Docteur Boris Cyrulnik a relevé les mêmes observations auprès d’enfants abandonnés et recueillis dans des orphelinats en Roumanie sans que ces 270 jours de la vie fœtale aient été considérés comme déterminants, apparemment, incluant cette période dans le programme qu’il préside. Cet oubli est-il lié à une défaillance perceptive le résultat d’un déficit d’intuition chez les chercheurs ?
Avec la récente publication de la Revue « Sciences et Vie » n° 1247 d’août 2021, qui titre en première page : « Peut-on se fier à notre INTUITION, la réponse des neurosciences », le thème de l’intuition semble sortir du confinement de la sphère « irrationnelle » ou subjective pour offrir un début de reconnaissance « pré-scientifique ». Cette revue de vulgarisation anticipe souvent des reconsidérations dans les sciences. Nous recommandons aux lecteurs de prendre connaissance de ce dossier tout en mentionnant cette mise en garde adressée aux scientifiques : « Ne suivre son intuition que dans les domaines où l’on a de l’expertise. »
Concernant les soins aux bébés, les parents ne sont-ils pas aux premières loges de cette expertise pour percevoir la singularité de leur bébé et y répondre ? A condition, peut-être, d’avoir confiance en l’intelligence de leurs propres capacités perceptives et de leur accorder du crédit. C’est ce que font très souvent les parents qui ont bénéficié d’une éducation bienveillante lors de leur enfance.
Lever l’énigme de « la pulsion d’individuation » !
La réalité suggérée d’une « pulsion d’individuation » sous-tendant la vie psychique par le Psychanalyste Carl Gustav Jung (1875-1961) devrait s’avérer déterminante scientifiquement si celle-ci pouvait être isolée et comparée chez d’autres humains qui serait « empêchés d’individuation ». Une telle approche est impossible tant cette « supposée » individuation cliniquement ne peut se circonscrire réellement !
Se ressentir « entier », ou et « protégé de conflits », « approchant une certaine joie de vivre » qui serait accepté comme synonyme « d’individué », cet état psychologique n’aura pas été circonscrit ou identifié de façon formelle. Il se ressent à la suite d’un processus de soin, comme ce fut mon cas. Et cette expérience, le fruit d’un long travail psychique s’avère difficilement communicable.
Le recours à l’élucidation de rêves aura été la voie suivie par le psychologue Carl Gustav Jung pour approcher cette individuation sous-jacente.
Et je rajouterais que cette pulsion serait à l’œuvre très tôt, après la naissance et peut-être lors de la gestation ! ?
Et cette intuition rencontrerait la sensibilité d’un couple de psychanalystes Varenka et Paul Marc qui prétendaient que : « c’était l’enfant qui se faisait naître ». Cet Ouvrage est disponible en mode texte, Gallica — BNF.
Nous savons que les phénomènes de mémoire sont surprenants et n’ont pas fini d’intriguer neurophysiologistes et généticiens ; mais que les jeunes enfants soient capables de dessiner les différents stades d’une vie intra-utérine qu’ils n’ont pas vue, dont on ne leur a jamais parlé et dont ils n’ont aucun souvenir surprend plus encore. Ce fut comme un « constat » soulevé par le couple Marc !
De plus, ils peuvent produire spontanément des signes géométriques qui apparaissent chez les adultes en état de conscience altérée et dont la signification serait universelle… Sujet que nous aborderons plus tard.
Si les intuitions de ce couple de psychanalystes peuvent être contestées, le recours de l’effet insistant de rêves survenant lors de mes nuits devrait être accepté pour l’instant. ´
Un « rêve » s’avérant pénible et répétitif advint durant ma septième année, et celui-ci m’aura confronté à l’hypothèse des prémices d’une pulsion d’individuation telle que le psychanalyste Carl Gustav Jung l’aura exposé et dont le couple Marc se référait également.
Cette réalité « onirique » me questionne toujours en s’affirmant comme une « découverte » importante et progressive à la suite de mes études de psychologie et cela contrairement à l’approche freudienne qui aura eu tendance à « pathologiser » a priori l’inconscient.
Et dans « l’après-coup » de deux périodes de thérapie psychanalytique qui me furent grandement bénéfiques et que je j’évoquerai plus tard, je réalise l’importance de ce rêve qui se manifesta aux alentours de mes 7 ans comme un rêve « pénible », un cauchemar en quelque-sorte
Je considèrerai cette manifestation iconique faite d’images articulant comme « un scénario » véhiculant, à mon insu, une sorte d’énigme expressive de mon psychisme…, à élucider !
Cette « énigme » je souhaiterais l’exposer et en même temps la lever. J’ai l’opportunité, aujourd’hui, de relever ce rêve et d’en présenter une possible interprétation, sans entrer dans l’anamnèse détaillée de ma vie, ce qui devrait tout de même manquer ! Vous aurez cependant cher lecteur quelques points de repères !
Voici ce rêve :
La scène se passe devant la confortable maison de ma grand-mère maternelle devant laquelle passait un tram de la ville de Constantine. Juste devant moi un bébé se met à traverser à « quatre pattes » la chaussée devant ce tram et cette seule vision devait entraîner une inévitable issue imaginée concernant le sort tragique de ce bébé… Ma réaction, toujours dans ce rêve fut de me précipiter avec une force et une rapidité telles qu’elles me permirent de m’emparer de ce bébé dans mes bras protecteurs, lui évitant ce que l’on pouvait initialement imaginer… !
Fin de ce rêve-cauchemar qui fera de moi le « sauveur » de ce bébé ! Et par extension ambitieuse le « sauveur espéré » de Bébés plus généralement !!
La méthode d’analyse des rêves proposée par Carl Gustav Jung suggère que toutes les configurations imagées véhiculées dans un rêve exprimeraient une composante ou « facette »expressive et symbolique du psychisme du rêveur.
Cette proposition devrait être acceptée car elle sous-tendrait une certaine logique et nous confronterait à un passé pré-linguistique.
Ce faisant l’idée de pulsion onirique viserait à exprimer ce qui échapperait à la sphère consciente. C’est à propos de cette réalité expressive échappant à toutes maîtrises que l’idée de fonction de signification du psychisme aux travers des « rêves » peut être soulevée et mieux !, peut-être progressivement admise !
Aujourd’hui, en re-analysant ce rêve, et d’autres ultérieurement je peux affirmer que ce bébé et son sauveur sont une même personne, moi-même, et que ce rêve, avec le recul de mes années passées, semble illustrer la logique existentielle et « ensembliste » supposée de toute ma vie.
Toute ma vie fut en effet guidée par une sorte de « mission » ou encore « d’obligation » de contribuer à accompagner la vie des enfants en suggérant de respecter leur singularité, qui s’avère, comme on le verra, prodigieusement intelligente ! Et aujourd’hui de plus en plus ADMISE ! Ou encore ce que nous devrions découvrir, si ce n’est déjà fait !
Tous ceux qui me connaissent sont renseignés quant aux désirs et motivations qui m’auront animé pour améliorer la vie des enfants.
Et la question que je me pose aujourd’hui en explorant l’intimité de cette réalité onirique « cachée » ou plus justement « occultée » m’amène à m’interroger sur cette capacité du cerveau à illustrer des « scénarios » iconiques sans le recours au langage, tout en faisant émerger cette FORCE organique manifestée dans ce rêve. Et cette force pourrait être nommée « pulsion ».
Et cette capacité expressive me ferait l’assimiler à un instinct de signification assimilable à une pulsion imaginaire de signification antérieure sur le plan de l’évolution à l’apparition du langage parlé et articulé.
Aux bas mots « la nuit porterait conseil » ! La réalité supposée d’une pulsion télé-sémantique-iconique avant que nous parlions encouragerait l’exploration de cette présupposée fonction selon laquelle le cerveau travaillerait intensément alors que nous dormons et lorsque nous nous réveillons, nous serions surpris de percevoir la réalité, parfois, ou souvent, avec plus de clairvoyance !?
Ce présupposé m’aura incité à suggérer en effet l’hypothèse d’une pulsion télé-sémantique-iconique sélectionnée par l’évolution avant notre accès au langage parlé et articulé.
Les travaux en linguistique de Derek Bickerton (1926-2018) dont l’accès au langage fut tributaire de la bipédie…, avec son ouvrage « Le langage d’Adam », auront eu tendance à m’influencer sur ce sujet de cette phase de notre évolution biologique et de notre sélection naturelle, bien que nous mentionnerons, plus tard et avec le Professeur Henri Laborit notre méfiance des « beaux parleurs » !…
Cet exposé sous cette forme de synthèse devrait me permettre de présenter mes propres vues sur la question essentielle de la psychologie des « profondeurs », exposée par Le psychanalyste Carl Gustav Jung et sa pulsion d’individuation telle que celle-ci semble s’être manifestée chez moi.
Les prémisses supposées de cette « individuation », je les aurais ressenties « subjectivement » diraient des scientifiques explorant le vivant en laboratoires avec leurs critères définissant ce qui fait science, et ce faisant, dans cette culture éloignée de la réalité singulière des personnes, ces chercheurs ne devraient pas accéder à ce savoir « clinique » que je souhaite présenter par ce rêve notamment, et qui advint autour de mes 7 ans.
Cet âge annoncerait-il le moment où mon intériorité discernerait les prémices de ce qui annoncerait dans ma personnalité une dimension qui la soutiendrait associée à l’idée populaire : « d’âge de raison » ?
Et c’est ce que j’appellerais de nos jours une pulsion d’individuation en accord, semble-t-il, avec le psychologue suisse !
Après avoir passé mes 7 premières années à la campagne, en Algérie dans le Constantinois, où mon Père exploitait une ferme, dès mes trois ans, il proposa, suite au décès de son propriétaire, un riche avocat domicilié à Alger, aux héritières de cette ferme, laissée en jachère, de la louer.
Je dois mentionner que mon Père était de par son propre père sensibilisé aux réalités du monde agricole. Son père présentait en effet des polices d’assurances agricoles.
Et je rajouterais, qu’un concours de circonstances advint qui aura fait que mon Père fut recensé par l’État Français pour se former comme pilote de chasse au USA dans le but de renforcer le contingent des forces américaines dans la pacifique, après Pearl-Harbour.
De ce fait, il fut informé de très modernes techniques agricoles pratiquées dans ces campagnes américaines qu’il ne manquera pas de transposer et d’appliquer dans sa ferme, plus tard.
Encore un autre hasard de la vie !
Anglophone initialement, Il fut coopté pour devenir instructeur en restant à sa base au Texas en pleine zone agricole.
C’est ce Père aux multiples facettes marié, certainement trop précipitamment à une très jeune Maman, qui était déjà mère de mon frère né 15 mois avant moi, et qui elle-même fut secondée par une dame algérienne, plus âgée que ma mère.
Cette dame avait trois enfants. Avec beaucoup de tact, elle se présenta comme pouvant « seconder » ma mère.
Aujourd’hui, j’ai la conviction que cette dame nommée « Fatma » me fut grandement salutaire en m’évitant une psycho-pathologisation sévère de ma personnalité.
Ultérieurement, je devrais évoquer que ma santé fut restaurée grâce à deux périodes de psychanalyse…
Domiciliés alors à Constantine où nous habitions désormais, mon frère et moi, avec notre jeune Maman, elle se « réfugia », si je puis dire, chez sa mère, fuyant les « turpitudes » rencontrées avec mon Père.
J’espère que cette rapide introduction devrait transmettre la surprenante idée que notre intimité cachée se manifesterait par ce que nous avons nommé : « les rêves » semblent avoir occulté une INTELLIGENCE qui nous influencerait à notre insu…
Cette nuit, il m’est venu ce titre : « La pulsion d’individuation » qui pourrait être retenu pour un ouvrage avec comme sous-titre : « Le génie du vivant… chez l’Humain »
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