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Augmentation des prix du carburant en mai : sommes-nous « lissés » ou « pigeonnés » ?

KWAFÉ ZORDI !

Le prix du sans-plomb augmentera de 6 centimes et celui du diesel baissera de 3 centimes pour ce mois de mai, par rapport au mois d’avril. La diminution de 1,96 € à 1,93 € fera plaisir au porte-monnaie des propriétaires de véhicules essence. Pour les usagers de moteurs diesel, par contre, l’annonce est moins bonne car le litre passe de 1,77 euro à 1,83 euro pour le mois de mai. Celles et ceux qui ont fait le pari d’investir dans ces véhicules ont-ils fait le bon choix ? La question se pose….

Un « lissage » controversé

En attendant, cette évolution des prix, présentée comme un « lissage » par la préfecture dans son dernier communiqué, ne fait pas l’unanimité. Si l’institution décrit la décision comme un « dispositif temporaire permettant la diminution immédiate de 5 centimes par litre sur l’ensemble des gasoils pour les professionnels et consommateurs pour le mois de mai », le député Jean-Hugues Ratenon le voit différemment.

« Une nouvelle façon de prendre les consommateurs pour des pigeons »

La première phrase de son dernier communiqué annonce la couleur. « L’arrêté préfectoral sur les prix des carburants à La Réunion est, pour moi, un aveu d’échec. » Pour le député du groupe de La France insoumise, derrière ce lissage se cache un prêt accordé par les compagnies pétrolières, qu’il faudra rembourser plus tard, ni plus ni moins. « En clair, on fait croire à une baisse immédiate, alors qu’il s’agit plutôt d’un système où les compagnies pétrolières avancent 5 centimes par litre… que les Réunionnais devront rendre plus tard. Un emprunt sans l’accord des Réunionnais, qui plus est. »

Ce système est pourtant annoncé dans le communiqué de la préfecture : « Les montants ainsi avancés ont vocation à être progressivement résorbés, à mesure que les prix de vente à la pompe s’orienteront à la baisse. » Là où le député dénonce « une nouvelle façon de prendre les consommateurs pour des pigeons ».

« En 5 mois, le prix au litre a bondi de 60 centimes »

Dans le sillage du député se joignent la SGPCAR-CGTR (Syndicat générale du personnel de la Chambre de commerce et de l’aéroport de La Réunion). Dans son communiqué, le Syndicat générale du personnel de la Chambre de commerce et de l’aéroport de La Réunion dénonce la brutalité de l’augmentation que subissent les usagers de la route. «L’écart le plus spectaculaire concerne le gazole. En 5 mois, le prix au litre a bondi de 60 centimes ! Pour un plein de 50 litres, l’automobiliste dépense aujourd’hui 30 € de plus qu’en début d’année », rappelle sa secrétaire générale, Corine Ramoune. Soit 60 centimes de plus au litre depuis janvier pour le gazole et 23,7 % de hausse pour le prix de l’essence, qui était, pour rappel, à 1,56 €/L en janvier. Des chiffres qui ont le mérite de rappeler un écart brutal, bien que « lissé ».

Pas de pénurie à l’horizon

La préfecture rassure : « Malgré ces tensions, aucune pénurie n’est à craindre dans le département, l’approvisionnement étant sécurisé par un contrat annuel avec le fournisseur à Singapour. » En filet de sécurité, La Réunion dispose d’une réserve stratégique permettant de tenir 29 jours sans approvisionnement. Pour autant, pour répondre aux potentiels questionnements, l’institution rappelle que ces réserves ne seront pas utilisées pour faire baisser les prix : « Elles servent uniquement en cas de crise majeure, par exemple si le territoire ne peut plus être approvisionné (aléa météorologique, incident de transport…). »

Des prix qui baissent, qui augmentent… mais pourquoi ?

Pour rappel, derrière la fluctuation des prix se cachent les lois d’un marché mondialisé, où les États, régions, départements, l’ensemble des territoires qui parfois s’opposent géographiquement, se relient via un destin économique commun. En clair, les tensions géopolitiques du Moyen-Orient, région détentrice de réserves pétrolières, impactent le prix du baril, donc des carburants, à La Réunion.

Le prix du gazole est pourtant plus cher. La préfecture détaille ce constat en rappelant les différentes raisons qui l’expliquent :

  • le coût de production (raffinage) est plus élevé ;
  • la demande mondiale est forte : le gazole est très utilisé dans les transports, le BTP ou encore l’agriculture ;
  • le marché est structurellement plus tendu, avec un équilibre offre/demande déjà fragile avant les tensions récentes.

Mais alors, derrière ces hausses successives du prix, dans le long terme, comment les usagers et professionnels de la route réussiront-ils à s’en sortir ? La réponse à cette question n’est pas certaine…

La rédaction de Parallèle Sud

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