KWAFÉ ZORDI !
Depuis 4 ans, l’association SOS-DPM 97.4 dénonce l’illégalité de l’installation de Planch’Alizé sur la plage de la Saline-les-Bains. Le préfet lui donne aujourd’hui raison en mettant en demeure l’établissement de quitter les lieux.
Planch’Alizé, le début de la fin ? L’annonce, reprise par les médias locaux, est venue du principal intéressé : « Planch’Alizé a reçu de la préfecture une mise en demeure lui demandant de quitter les lieux et de remettre le site en état — établissement, sanitaires et douches — dans un délai de six mois, dans le cadre des décisions liées au domaine public maritime », écrit Jean-Claude Vergoz sur la page Facebook de son établissement.
Depuis 1982, ce bar de plage occupait les 50 pas géométriques régis par la loi Littoral. Il a longtemps bénéficié d’une fameuse AOT délivrée par la mairie de Saint-Paul. Mais cette autorisation d’occupation temporaire est arrivée à son terme définitif en avril 2018. Elle n’a pas été renouvelée par la mairie alors que le tribunal administratif avait, à l’époque, ordonné la démolition d’autres établissements occupant le domaine public maritime (DPM).
Des discussions ont été engagées avec la mairie à propos d’un recul de l’établissement mais rien ne s’est concrétisé à ce sujet. La mise en demeure de la préfecture n’est pas surprenante. Mais Planch’Alizé, qui emploie une cinquantaine d’employés — signe de la prospérité de l’établissement — espère encore pouvoir « continuer sous une forme ou une autre », comme le signale Jean-Claude Vergoz qui dit « poursuivre les échanges avec les administrations afin d’étudier les suites possibles de cette décision ».
« Ti hache i koup gro bwa »
Depuis 4 ans, l’association SOS-DPM 97.4 a relancé la contestation contre « cet établissement construit sans permis et exploité sans droit ni titre sur le domaine public maritime ». « Mon problème, ce n’est pas le Planch’Alizé, c’est le respect des lois », assurait le président de SOS-DPM 97.4, Dominique Gamel, en 2022 lors d’une manifestation au milieu des transats que Planch’Alizé loue aux plagistes sur le sable blanc.

Il a transmis des dizaines de courriers et des centaines de photos aux services de l’État et au maire de Saint-Paul. Pour lui, cette « mise en demeure » est « une victoire bien amère » tant elle est tardive. « Le délai de 6 mois supplémentaires accordé à l’exploitant est inacceptable », assène-t-il en demandant au préfet d’ordonner « la démolition immédiate de l’établissement et la remise en état de la plage ». Et de conclure : « nou la prouv ankor in foi que kan kréol i sobat èk lo ker, èk la foi, èk l’amour de nout ti péï, ti hache i koup gro bwa. »
Franck Cellier


