manifestation Bello Nabenesa contrats PEC

⏱️ Temps de lecture estimé : 4 min(s)

🎧

À La Réunion, la chute des contrats PEC fait réagir : entre indignation et appel au changement de modèle économique

KWAFÉ ZORDI !

La réduction des contrats PEC à La Réunion suscite une onde de choc chez les maires et les syndicats qui redoutent des conséquences immédiates sur les écoles et les services publics. Derrière cette crise, c’est aussi le modèle économique de l’île qui se retrouve au cœur du débat.

Le mardi 5 mai, alors que le préfet avait réuni l’ensemble des maires de l’île, nombreux sont ceux qui ont quitté la réunion en milieu de journée pour protester contre l’annonce phare de cette matinée : la réduction drastique des contrats PEC (parcours emploi compétence). 

Les maires de l’île, entre indignation et crainte pour la continuité des services publics

La Réunion passe de 10 000 PEC en 2025 à seulement 4000 pour l’année 2026. Une baisse qui frappe notamment les communes. Dans la répartition faite, ce sont seulement 800 contrats qui seront dédiés aux 24 communes et aux 5 intercommunalités de l’île. Une baisse que le préfet de La Réunion, Patrice Latron, explique par « la trajectoire budgétaire nationale », alors que La Réunion récupère un quart de la dotation nationale qui, elle aussi, a baissé. 

Dès la fin de leur rencontre avec le préfet, au micro de Réunion La 1ʳᵉ, les maires ont laissé entendre leur ras-le-bol face à une décision qui les met dans la difficulté alors que la plupart des budgets ont déjà été votés fin avril. Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul, dénonce une décision « totalement inacceptable » ; Alexis Chaussalet, maire nouvellement élu du Tampon, juge cette annonce « irresponsable et extrêmement dangereuse », tout en critiquant la stratégie de l’ancienne mandature « qui a construit un fonctionnement communal » basé sur les contrats PEC. 

Dans la plupart des communes, les contrats PEC sont utilisés dans le scolaire et le périscolaire et certains maires alertent sur un risque réel pour la tenue de la rentrée prochaine. Patrice Selly, maire de Saint-Benoît, explique sur le plateau de Réunion La 1ᵉʳᵉ que « si les choses devaient rester en l’état, les 25 écoles communales ne pourront pas ouvrir à la rentrée en août prochain ». 

Face à ces réactions, le préfet, qui se dit conscient des impacts de cette baisse, rappelle néanmoins, dans un communiqué publié le jeudi 7 mai, que « l’État maintient son engagement pour les collectivités de La Réunion en 2026 », notamment à travers la dotation globale de fonctionnement (DGF) qui reste stable en 2026 avec une enveloppe de 259,86 euros par habitant sur l’île contre 174,76 dans l’Hexagone. Seule la commune de Cilaos voit le montant de la DGF baisser à -1,1 % pour l’année en cours. 

Menace pour la société ou alerte pour changer de modèle économique ?  

La Région, dans un communiqué, parle de « scénario catastrophe qui se réalise » alors que celle-ci annonce passer de 700 à 250 contrats PEC sur l’année 2026. Une situation qui déstabilise le dispositif d’emplois verts. Le président du Département, Cyrille Melchior, tire la sonnette d’alarme et demande à l’État « d’assumer ses responsabilités », expliquant que « sans réengagement rapide et significatif, c’est l’équilibre social de La Réunion qui est directement menacé. »

Une affirmation que rejette Julien Hoarau dans une tribune libre. S’il reconnait que la diminution des contrats PEC « aura des conséquences concrètes » et que « certains secteurs doivent être absolument protégés », il critique un modèle économique qui « reste profondément déséquilibré ». Dans cette tribune, il appelle à une remise en question d’un modèle qui produit de la dépendance économique et fustige certains élus qui « ne défendent pas seulement les services publics mais entretiennent leur propre pouvoir politique. »

Alors que les maires et certaines organisations syndicales appellent à manifester le 20 mai prochain contre cette décision, la FSU territoriale, dans un communiqué, demande à ce que l’État prenne « en charge à 80 % les contrats PEC dans les départements où le taux de chômage dépasse 15 % », « à 90 % dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville » ainsi « qu’un pouvoir renforcé de territorialisation des dispositifs d’emploi aidé pour le préfet de La Réunion ». Le syndicat appelle également à « la création d’un véritable plan réunionnais de transformation des contrats précaires en emplois pérennes ».

La rédaction de Parallèle Sud

478 vues

A propos de l'auteur

Rédaction Parallèle Sud

La rédaction de Parallèle Sud réunit des journalistes professionnels et en apprentissage à La Réunion. Sous cette signature collective, le média publie des articles réalisés à plusieurs mains ou des communiqués et informations sélectionnés, mis en forme, travaillés et vérifiés par l’équipe éditoriale. Cette mention garantit le respect de la ligne éditoriale : indépendance, pluralisme et rigueur dans le traitement de l’information réunionnaise.

Ajouter un commentaire

⚠︎ Cet espace d'échange mis à disposition de nos lectrices et lecteurs ne reflète pas l'avis du média mais ceux des commentateurs. Les commentaires doivent être respectueux des individus et de la loi. Tout commentaire ne respectant pas ceux-ci ne sera pas publié. Consultez nos conditions générales d'utilisation. Vous souhaitez signaler un commentaire abusif, cliquez ici.

Articles suggérés

S’abonnerFaire un donNewsletters
Parallèle Sud

GRATUIT
VOIR