⏱️ Temps de lecture estimé : 5 min(s)

🎧

Le parti Demain la Réunion analyse les défis climatiques à venir

KWAFÉ ZORDI !

Le parti « Demain la Réunion » fait état, dans un rapport, des défis climatiques auxquels La Réunion est et sera confrontée à l’avenir. Interviewé, Éric Fruteau, représentant du parti, dévoile les détails de ce constat.

Chikungunya, incendies, cyclones, sécheresses : voici le topo des menaces climatiques auxquelles fait déjà face La Réunion. La vague d’incendies que connaît le territoire hexagonal, et plus largement l’Europe, rappelle que les impacts du dérèglement climatique ne sont plus hypothétiques. Ils sont là et ne vont faire qu’empirer, nous alerte la communauté scientifique. Dans l’Est, les bassins et cascades laissent place à de petits filets d’eau, tandis que certains débits de rivière sont anormalement bas. L’image d’un Grand Étang sec en est aujourd’hui le frappant témoin.

À Saint-André, le parti « Demain la Réunion » s’est emparé de la problématique en rendant public un dossier consacré au défi climatique à La Réunion. Habitat, électricité, santé, ressource en eau, risque d’incendie, lagon et biodiversité : une large sélection d’enjeux environnementaux et sociétaux est passée au crible de l’analyse du parti.

Demain la Réunion, toujours en course

En mars dernier, au second tour des municipales, Éric Fruteau, représentant de DLR (Demain la Réunion), se retirait de la course. Il y a quelques jours, le parti se positionnait publiquement sur les querelles politiques et judiciaires opposant le maire Joé Bédier à Laurent Virapoullé. Ce dernier conteste les résultats de l’élection qui, pour rappel, s’est jouée à 34 voix d’écart. Éric Fruteau déclarait fin juillet dernier : « Demain la Réunion (DLR) alerte sur une situation politique délétère et appelle à la sérénité afin que les véritables enjeux de développement ne soient plus relégués au second plan. » Au micro de Parallèle Sud, il confie alors : « Même s’il y a un recours, pour l’instant, je ne peux pas me positionner là-dessus. Mais nous sommes un parti qui essaie de se repositionner sur l’échiquier politique. Pour ma part, cela fait 25 ans que je fais de la politique, c’est mon métier, mais j’ai aussi envie de faire en sorte que les jeunes puissent faire leur expérience. »

Alors, si le parti entend rester dans la course, il prend notamment pour cheval de bataille la grande thématique de la transition écologique. « On ne peut pas aborder la question du dérèglement climatique en oubliant les conséquences de ce dérèglement sur la société. Très concrètement, en termes d’aménagement et par le prisme socio-économique. Par exemple, l’intensification des cyclones aura des conséquences matérielles et sur la vie des gens », déclare Éric Fruteau.

« Depuis la fin de mon mandat en 2014, quel a été l’investissement pour l’eau potable dans la commune ? Zéro euro. »

Des lacunes structurelles pour faire face aux défis

Sur l’habitat, mais aussi sur la gestion de la ressource en eau, le représentant du parti fait le constat d’un retard. Il souligne notamment la difficulté des communes à remplir les quotas minimums de logements sociaux définis par la loi SRU, mais aussi le vieillissement des habitats. Dans un contexte de hausse de la précarité et des besoins d’accès au logement, de baisse des fonds publics, notamment ceux du Département, et d’aléas liés au dérèglement climatique, le défi est de taille. Le parti tient aussi à alerter sur la ressource en eau : « La ville est alimentée par six réseaux distincts reposant sur des forages et des captages superficiels. Ce système, qui pourrait constituer un atout, révèle aujourd’hui ses fragilités : 42 % de l’eau produite n’arrive jamais jusqu’aux habitants. Ce chiffre traduit l’état vieillissant des réseaux, des pertes importantes et une capacité de stockage qui doit être renforcée face à l’évolution des besoins. » L’ancien maire déplore un manque d’investissements. « Depuis la fin de mon mandat en 2014, quel a été l’investissement pour l’eau potable dans la commune ? Zéro euro. »

Éric Fruteau : « Mais nous sommes un parti qui essaie de se repositionner sur l’échiquier politique.  » © page Facebook d’Éric Fruteau.

Le Département, la SAPHIR et l’Office de l’eau répondaient justement à la question ce mercredi 4 août, lors d’un point presse dans les locaux de l’OFE (Office de l’eau). Parmi les projets relancés figure le projet MEREN, impliquant un aménagement hydraulique destiné à sécuriser l’eau potable et les besoins agricoles. Le détail des projets sera à retrouver dans un prochain article.

Santé publique et biodiversité

Mais ce n’est pas tout. Le rapport fait état des menaces pesant sur la santé humaine. Parmi elles figurent la prolifération et l’apparition de nouvelles maladies liées au déplacement d’espèces, parmi d’autres facteurs. La Réunion connaît la dengue, la leptospirose et le chikungunya, dont les deux dernières épidémies, en 2005 et 2025, ont laissé une trace, notamment sur les personnes les plus fragiles, comme les personnes âgées.

L’électricité, la biodiversité, la lutte contre les incendies, aujourd’hui mise sur le devant de la scène dans l’Hexagone, ou encore la préservation du lagon font partie des grands défis posés par le dérèglement du climat. Alors, si Saint-André est déjà frappée de plein fouet par la sécheresse, est-ce que la sphère politique réussira à se tenir à la hauteur des défis climatiques à venir ?

Lire le rapport complet ici.

Sarah Cortier

131 vues

A propos de l'auteur

Sarah Cortier

Journaliste issue d’une formation de sciences politiques appliquées à la transition écologique, Sarah est persuadée que le journalisme est un moyen de créer de nouveaux récits. Elle a rejoint l'équipe de Parallèle Sud pour participer à ce travail journalistique engagé et porter de nouveaux regards sur le monde.

Ajouter un commentaire

⚠︎ Cet espace d'échange mis à disposition de nos lectrices et lecteurs ne reflète pas l'avis du média mais ceux des commentateurs. Les commentaires doivent être respectueux des individus et de la loi. Tout commentaire ne respectant pas ceux-ci ne sera pas publié. Consultez nos conditions générales d'utilisation. Vous souhaitez signaler un commentaire abusif, cliquez ici.

Articles suggérés

S’abonnerFaire un donNewsletters
Parallèle Sud

GRATUIT
VOIR