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À Saint-Pierre, la mobilisation lycéenne continue et force le dialogue avec le sous-préfet

Alors que le mouvement lycéen a trouvé écho à La Réunion depuis le jeudi 1ᵉʳ octobre, les lycéens du Sud ont bravé les fortes pluies pour faire entendre leurs voix et obtenir un rendez-vous avec Jean-Paul Normand, sous-préfet de Saint-Pierre. 

À 7 h 30, devant le lycée Ambroise Vollard, la pluie semblait avoir eu raison des manifestants. Seuls quelques irréductibles semblaient vouloir braver le déluge, pancartes à la main. En cours, la plupart des salles étaient à moitié remplies et certains professeurs n’ont parfois fait cours que devant un tiers des élèves. 

L’averse passée, les élèves des lycées de Roland Garros au Tampon et ceux de Bois d’Olive, Saint-Charles et Ambroise Vollard à Saint-Pierre se sont réunis pour marcher jusqu’à la sous-préfecture. Objectif : obtenir un entretien avec Jean-Paul Normand, le sous-préfet, pour faire entendre leurs revendications et les faire remonter plus haut. 

Dans le cortège, mené par de jeunes lycéennes en gilets jaunes, sont rassemblés des lycéens mais aussi des professeurs ainsi que des parents d’élèves et des adultes venus « protéger notre jeunesse ». Il faut dire que les images des violences policières qui parviennent de l’Hexagone et celles de l’interpellation violente d’un jeune hier à Saint-Paul font craindre le pire. Evelyne Corbière, sénatrice de La Réunion et mère de famille, est également présente pour soutenir le mouvement et croit en la nécessité d’écouter les revendications des lycéens. Elle rappelle au passage qu’elle a à plusieurs reprises porté ces problématiques au sein du Sénat avec notamment une proposition de loi visant à lutter contre les effets discriminatoires de Parcoursup. 

« Jeunes, déter et révolutionnaires », « La jeunesse emmerde le Front national ». Les chants fusent sur le chemin de la sous-préfecture. Arrivé devant les portes, le cortège se stoppe et entame un sit-in alors qu’une délégation est accueillie pour discuter avec le sous-préfet. Certains lycéens et lycéennes en profitent pour accrocher leurs pancartes sur les grilles. Alors que deux drones déployés par la préfecture survolent la zone et que des policiers en civil parcourent la foule, certains jeunes nous expliquent qu’ils ont reçu des messages « suspects » sur Snapchat leur demandant les noms ou les lieux de rassemblement pour préparer la manif. Selon eux, la police tente par tous les moyens d’infiltrer la mobilisation. 

Finalement, au bout d’une trentaine de minutes, la délégation sort de la sous-préfecture avec la mission de dresser un état des lieux des demandes du mouvement et de la transmettre. Selon les mots de Manon Hoareau, une des porte-parole, le sous-préfet s’est engagé à transmettre ce document à ceux d’en haut pour faire bouger les choses. Si aucune consigne n’a été donnée pour les prochains jours, elle appelle tout de même les lycéens à rester à l’écoute de ce qui sera dit suite à la remise de ce document. Après le départ des journalistes et alors que le cortège s’éparpillait, la police a entamé une série de contrôles d’identité sur des jeunes présents au rassemblement. 

Olivier Ceccaldi

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A propos de l'auteur

Olivier Ceccaldi

Photojournaliste, Olivier a tout d'abord privilégié la photographie comme support pour informer notamment sur les réalités des personnes exilées face à la politique migratoire de l'Union européenne. Installé sur l'île de La Réunion depuis 2024, il travaille principalement sur les questions de société et de l'héritage.

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