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Attentat de Trappes : qui mérite notre indignation ?

ÉDITO POÉTIK

En 2015, quand plusieurs attentats ont frappé la France et sa capitale, il était tout à fait normal, évident, de condamner les attaques. Sur la place de la République, nous étions des milliers. Tellement nombreux qu’il nous était difficile de bouger. Plus de dix ans ont passé, et aujourd’hui, alors qu’à Trappes, pas si loin de Paris, un homme a encore tiré, les condamnations semblent moins évidentes, moins directes. Un homme a été tué, d’autres personnes blessées, pourtant les mots ont semble-t-il perdu de leur évidence. Alors comme j’ai essayé de le faire la semaine dernière, j’en appelle encore une fois à eux malgré tout, pour tenter de ramener du sens là où il n’y en a plus.

Novembre 2015, je rentre chez moi, c’est un vendredi soir.

J’allume la télé, la France joue au foot ce soir.

Alerte, je passe sur BFMTV.

Des balles ont été tirées ce soir.

Le pays est endeuillé. 

Aucun doute, l’extrémisme religieux nous a frappés.

Avance rapide, plus de dix ans se sont écoulés. 

Nous sommes en octobre 2026.

C’est un jeudi, pas de foot ce soir. 

La nouvelle tombe, des balles ont été tirées. 

À Trappes, un homme est tombé.

Une petite fille est blessée, 

Le pays est embêté.

Il est moins facile de nommer extrémiste.

Celui qui nous ressemble

Celui qui ne crie pas Allahu Akbar

Vous me direz, il était énervé après les manifs de samedi dernier.

Il voulait venger les poubelles, les murs et la Marianne abîmée.

Comment le condamner alors que sur les mêmes ondes qui dix ans plus tôt condamnaient l’horreur

Passaient en boucle des images des casseurs ?

Olivier Ceccaldi

Image d’illustration : Photo de Jules (source : Wikipédia) Manifestation après l’attentat à la Verrière.

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A propos de l'auteur

Olivier Ceccaldi

Photojournaliste, Olivier a tout d'abord privilégié la photographie comme support pour informer notamment sur les réalités des personnes exilées face à la politique migratoire de l'Union européenne. Installé sur l'île de La Réunion depuis 2024, il travaille principalement sur les questions de société et de l'héritage.

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