Mercredi 4 mars 2026
Comme cela était prévisible, on assiste à un embrasement au Moyen-Orient avec de lourdes conséquences affectant non seulement les populations civiles mais aussi l’économie mondiale et entraînant une exacerbation des tensions à tous les niveaux.
Tout cela est le résultat de la responsabilité écrasante de la décision qui a été prise de concert par deux chefs d’État : Donald Trump, Président des États-Unis, dont les incohérences et les positions erratiques et versatiles dans tous les domaines sont génératrices d’instabilité et suscitent même l’incompréhension de ses concitoyens ; et Benyamin Netanyahou, Premier ministre d’Israël qui, rappelons-le, est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, commis contre la populations civile palestinienne, particulièrement à Gaza.
Il convient de rappeler que ce même Donald Trump a mis fin à l’accord sur le nucléaire avec l’Iran qui avait été obtenu par l’un des prédécesseurs, Barack Obama.
On mesure aujourd’hui l’irresponsabilité de cet acte.
Manifestement, c’est à la demande pressante de Benyamin Netanyahou que Donald Trump a décidé de lancer la guerre contre l’Iran.
Quelque soit la réprobation légitime émise sur le régime iranien, récemment coupable de répression sanglante contre sa population, la décision d’entrer en guerre au mépris des règles du droit international et sans recourir aux instances habilitées comme les Nations Unies constitue un acte condamnable d’une extrême gravité, substituant la loi du plus fort à l’état de droit.
Dans ce contexte, la position exprimée par le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, réprouvant l’intervention israélo-américaine et rappelant la nécessité de respecter les principes du droit international, est l’honneur de l’Europe.
Nous sommes ainsi entrés dans une période lourde d’incertitudes et aux conséquences multiples qui rend objectivement difficile toute prédiction de son
évolution.
S’agissant de La Réunion, les conséquences doivent être appréciées dans le temps. À court terme les impacts sont relativement mineurs. En effet, sur le plan des routes commerciales, depuis la guerre en Ukraine, l’essentiel du trafic maritime de l’Europe qui est notre principale source d’approvisionnements – ne passe plus par le canal de Suez mais par le cap de Bonne Espérance, en Afrique du Sud.
De même, la fermeture du détroit d’Ormuz et les atteintes portées aux sites pétroliers n’affectent pas directement et immédiatement La Réunion, compte-tenu des stocks stratégiques locaux, d’une part et de notre approvisionnement en pétrole raffiné depuis Singapour, d’autre part.
Mais il est bien évident que si le conflit devait perdurer, la flambée probable du prix du baril de pétrole aurait à terme des conséquences pour La Réunion, sur le prix de carburants dont le gaz. Le prix de la bouteille de gaz est aujourd’hui bloqué, rappelons-le, à 18 euros grâce à l’intervention de la Région Réunion. En cas de forte augmentation du prix du gaz, l’effort de notre collectivité serait plus important et il serait souhaitable qu’il puisse être partagé.
Une hausse du coût du fret maritime est également à craindre, avec un impact sur tous les produits importés et de consommation.
Par ailleurs, s’agissant des liaisons aériennes, l’évolution du conflit pourrait provoquer des modifications sur les itinéraires vers l’Hexagone.
Tous ces facteurs illustrent la fragilité et la vulnérabilité de notre économie insulaire qui reste fortement dépendante de sources d’approvisionnements éloignées. C’est pourquoi l’orientation de la Région Réunion, de favoriser la souveraineté alimentaire et l’autonomie énergétique, prend plus que jamais tout sons sens.
Enfin, dans ce contexte de retour de la guerre, le mot d’ordre « océan Indien zone de paix » doit être rappelé alors même que l’île de Diego Garcia est utilisée comme base militaire pour servir des intérêts étrangers aux peuples des îles de l’océan Indien.
Huguette BELLO
Présidente de la Région Réunion




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