La mobilisation se poursuit à La Réunion après l’annonce de la forte diminution des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC) prévue pour 2026. Ce mercredi 20 mai, plusieurs maires, députés, représentants syndicaux et citoyens se sont rassemblés devant la préfecture afin d’alerter l’État sur les conséquences sociales et économiques de cette décision.
La date avait été marquée sur le calendrier depuis le mardi 5 mai et une rencontre entre le préfet de La Réunion et les maires de l’île. On apprenait alors que le gouvernement prévoit de réduire le nombre de contrats PEC de 10 000 en 2025 à seulement 4 000 l’an prochain pour l’ensemble des communes de l’île.
Une baisse qui inquiète particulièrement les collectivités, les associations, les établissements scolaires ainsi que les structures liées aux emplois verts, largement dépendantes de ces dispositifs pour assurer certaines missions de service public. Les maires avaient alors appelé conjointement au rassemblement du jour. Entre-temps, d’autres sujets se sont greffés aux premières revendications comme la question des mutations hors territoire des enseignants réunionnais ou la baisse de la LBU (ligne budgétaire unique) et son impact sur le logement social.
Lors de la mobilisation, qui a réuni 500 personnes selon les organisateurs et 330 selon la préfecture, plusieurs bénéficiaires de contrats PEC et enseignants concernés par des mutations hors du territoire ont pris la parole pour témoigner de leurs difficultés. Tous dénoncent une situation qui fragilise davantage l’emploi local et les services publics de proximité.

Une motion signée par de nombreux élus a été remise au préfet de La Réunion. Les signataires demandent au gouvernement de revoir sa position et d’accompagner davantage les collectivités confrontées à une crise sociale jugée préoccupante.
« Nous vivons une situation de crise », a notamment déclaré Karim Juhoor, maire de Saint-Leu, estimant que « l’État ne peut pas simplement arrêter ces dispositifs sans mesurer les conséquences pour les collectivités et les familles ».
Au sein du rassemblement, plusieurs pancartes rappelaient également une revendication plus large : « Pour l’emploi pérenne » ou encore « Contre la suppression des PEC sans solution alternative ! » Car, si le dispositif permet à de nombreux Réunionnais d’accéder à une activité professionnelle, certains syndicats dénoncent un système qui entretient la précarité.
Pour Corine Ramoune, secrétaire générale du SGPCAR CGTR, cette mobilisation vise à « sauver un système imparfait », faute d’alternative immédiate pour des milliers de travailleurs. Elle évoque « une précarité institutionnalisée » et appelle à « un véritable plan de lutte contre le chômage et des emplois pérennes dans les services publics ».
Les organisations syndicales réclament désormais des mesures transitoires pour éviter des suppressions brutales de postes, mais aussi un engagement plus fort de l’État en faveur de l’emploi durable à La Réunion.

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