[Commerce] Christophe Girardier : « Si rien n’est fait, La Réunion pourrait devenir une économie extrêmement concentrée »

Christophe Girardier (Bolonyocte consulting) a été mandaté par l'OPMR pour réaliser un rapport sur le secteur de la grande distribution, deux ans après le rachat de Vindémia par le groupe Bernard Hayot. (Photo Jéromine Santo-Gammaire)

GRANDE DISTRIBUTION

« Je persiste et je signe ». Ainsi débute l’entretien que nous entamons avec Christophe Girardier, président de la société de conseil Bolonyocte consulting. Il a été chargé par l’Observatoire des prix, des marges et des revenus d’analyser la situation actuelle à La Réunion dans le secteur de la grande distribution. Le rapport intermédiaire qu’il vient de rendre (à consulter dans l’onglet  « les documents ») dresse un tableau sombre de l’évolution du secteur, deux ans après le rachat de Vindémia par le groupe Bernard Hayot. Il confirme les analyses publiées dans son premier rapport de mars 2020. Selon lui, il faut absolument redresser la barre afin d’éviter des dégâts « irréversibles » sur l’économie de l’île.

Quelle est la situation de GBH dans le monde ?

Le groupe Hayot est présent dans énormément de domaines. Mon estimation est qu’il devrait faire pas loin de 4 milliards de chiffre d’affaires au moins dans le monde sachant que l’essentiel de son marché est l’Outre-mer. Il est présent partout, dans tous les doms. Il est présent un petit peu en Afrique, un peu en Chine mais c’est surtout par ses activités industrielles. C’est un groupe qui a une structure particulière. Sa stratégie c’est d’abord d’avoir des parts de marché supérieures à 40% dans tous les doms où il est, dans un grand nombre de secteurs.

Quels sont ses secteurs d’activité ?

Il fait la moitié de son chiffre d’affaires dans la distribution. Si vous regardez La Réunion, il est présent dans l’alimentaire, le culturel avec la Fnac, le sport avec Décathlon, le bricolage avec Mr Bricolage, la restauration rapide avec Brioche Dorée. Il est très présent dans le secteur automobile, dans la vente et la location : on a à peu près 40 à 50% des voitures ici vendues par Hayot. 8 à 9 camions sur 10 sont vendus par Hayot. Il a la main mise sur la plupart des centres auto, les pièces détachées, même chose pour les motos…. Le groupe Hayot a aussi des activités industrielles, par exemple ici les yaourts Danone sont fait par Sorélait qui appartient à GBH.

C’est ce qu’on appelle l’intégration verticale et horizontale. Il est sur le marché amont des fournisseurs et sur le marché aval des magasins. Par cette intégration, Hayot vend à ses propres concurrents.

GBH a atteint ici l’emprise économique qu’il a aux Antilles.

Il a une filiale qui s’appelle Bamyrex qui est importatrice de marques. Quand il a racheté Vindémia, Vindémia avait sa propre filiale importatrice SDCom qui a aussi été rachetée à l’occasion de cette opération. Tout ça a fusionné constituant ainsi un pouvoir de marché très important.

Dans les autres doms est-ce que Hayot est autant présent ?

J’avais souligné dans mon rapport d’il y a deux ans que l’indice de prix le plus élevé de l’Outre-mer était aux Antilles, en Guadeloupe et en Martinique. Aux Antilles, le marché de la banane est sous son contrôle. Il est aussi présent dans les alcools (rhum…). Il y a également investi dans les matériaux de construction et il détient depuis moins de cinq ans plus des 2/3 du marché. Il semble bien qu’il entende s’implanter sur ce marché également à La Réunion.

Au moment de l’opération, la Réunion était le seul marché de la distribution généraliste où Hayot avait moins de 40%, il n’avait que 17% de parts de marché. Il l’a comblé avec l’acquisition de Vindémia. Désormais, il a atteint ici l’emprise économique qu’il a aux Antilles. Je ne reprocherai jamais à un groupe de réussir, mais ce qui est contestable c’est que cette emprise soit trop importante sur des territoires insulaires. Vous vous rendez compte que près de la moitié de l’économie de cette île est entre les mains d’un seul acteur, c’est beaucoup trop !

C’est légal ?

Pour l’instant oui.

Cette opération a été autorisée par l’Autorité de la concurrence.

Que s’est-il passé avec l’Autorité de la concurrence?

L’Autorité de la concurrence a pris une décision, elle en a le droit, elle est là pour ça. En matière de droit concurrentiel, l’Autorité de la concurrence est l’autorité qui contrôle les concentrations. Il y avait bien ici, une concentration qui relevait de son contrôle. Dans ce cas, elle a deux possibilités : la procédure d’examen rapide et la procédure d’examen approfondi. Elle a choisi – ce qu’elle avait le droit de faire ! – l’examen rapide. Dans mon rapport, j’avais expliqué qu’il fallait au moins faire l’examen approfondi. Et mon rapport était là aussi pour nourrir sa réflexion. Le gouvernement, le ministre de l’économie, avait la possibilité d’exiger l’examen approfondi, ce qu’il n’a pas fait. Il avait peut-être ses raisons. En tous cas l’Autorité de la concurrence avait connaissance de mon rapport avant de prendre sa décision.

Je me suis rendu plusieurs fois à La Réunion pour faire ce rapport. Quand les enquêteurs de l’Autorité de la concurrence sont venus pour cette affaire, j’étais là aussi et ils n’ont pas jugé opportun de me rencontrer, l’OPMR les avait pourtant sollicités.

Que pensez-vous de la décision de l’Autorité de la concurrence ?

Je pense que cette décision, dans sa motivation, pose problème.

Quand elle prend ce genre de décisions, elle doit voir s’il y a des risques d’atteinte à la concurrence, elle a reconnu qu’il y en avait. Dans ce cas là, elle doit trouver des remèdes qui visent à neutraliser ces atteintes à la concurrence. Elle n’a même pas eu à imposer ça puisque c’est le groupe Hayot qui les lui a proposés. C’est lui qui a proposé de céder ces quatre hypermarchés et ces deux supermarchés. Ca s’appelle des engagements structuraux. L’Autorité de la concurrence a accepté ça. Mais pour ce faire, elle devait vérifier que ce nouvel acteur, créé pour l’occasion, l’acteur Make distribution, était crédible et en mesure d’exercer une concurrence suffisante pour neutraliser les effets de domination.

Vous voyez bien que dans mon analyse ça n’a pas été le cas, c’est même l’inverse. Pour moi le remède qui a été accepté par l’Autorité de la concurrence n’en a pas été un. Pire que ça, par la défaillance de cet acteur, Make distribution, il entraine une concentration plus grande du marché qui était précisément ce que l’Autorité de la concurrence devait éviter.

Que reste-t-il du droit de la concurrence ?

Le deuxième type d’engagements qu’a pris GBH sont des engagements comportementaux qui devaient réduire la dépendance économique des acteurs. Et bien, aucun des acteurs n’a demandé à se prévaloir de cette mesure qui était totalement illusoire.

Dans l’analyse que j’avais développée dans mon premier rapport, la conclusion était que cette opération n’aurait pas du être autorisée au regard des exigences du droit de la concurrence. En tous cas pas en l’état.

Vous pensez que le droit de la concurrence n’a pas été respecté ?

Je ne dis pas ça. Mais à suivre leur décision, on se demande bien ce qu’il reste du droit de la concurrence après ça. Mais ce n’est pas à moi d’en juger. L’Autorité de la concurrence quand elle rend une décision peut être censurée par le Conseil d’Etat. Il y a trois recours qui ont été engagés contre cette décision. Leclerc en avait fait un, ainsi qu’une association citoyenne Adecalom et une coopérative de petits commerçants Bout’iks. Ces recours ont été introduits il y a deux ans et sont toujours en cours d’instruction.

Quelles options se profilent ?

Le Conseil d’Etat peut prendre trois décisions : valider l’opération, l’annuler purement et simplement ou décider d’amender ou de corriger la décision. Il doit voir si la décision prise par l’autorité de la concurrence est légale ou pas. Les magistrats du Conseil d’Etat sont les plus indépendants qui soient. Personne ne peut faire pression sur eux. J’espère simplement qu’ils tiendront compte de la réalité d’aujourd’hui.

Moi je constate la réalité aujourd’hui, deux ans après, avec des dégâts extrêmement profonds et durables.

Quelles peuvent être les conséquences de cette concentration sur le territoire ?

Pour moi le risque est le déséquilibre de l’économie, le verrouillage des marchés.

A partir du moment où vous avez une telle emprise économique vous pouvez décider de ce qui se dit dans les journaux ou pas, vous pouvez orienter les stratégies médias. Vous pouvez créer les conditions qui font que quelqu’un qui voudrait vous concurrencer pourrait avoir du mal à le faire. Si vous êtes fournisseur local ici, vous avez devant vous quelqu’un qui pèse entre 36 et 40% et un autre qui pèse entre 27 et 29%. Tout ça, ça fait deux tiers de votre chiffre d’affaires, vous avez quand même un peu de mal à négocier. GBH peut très bien refuser tel produit dans ses rayons. Donc il condamne le fournisseur à rester tout petit et à ne pas se développer. Ça peut être des conditions discriminatoires d’un fournisseur à un autre. Ça peut être des négociations commerciales déséquilibrées.

C’est aussi le pouvoir de l’argent. Vous ne voulez pas qu’un concurrent s’implante à côté de vous : vous achetez le terrain à sa place et vous mettez quelqu’un d’autre. Quand vous êtes très prégnant sur une économie, vous pouvez arriver assez facilement à convaincre une banque de ne pas prêter de l’argent à un autre. Autre exemple, le groupe Hayot est le premier importateur. C’est près de la moitié des containers qui arrivent sur le port qui sont importés par le groupe. Donc vous imaginez bien qu’avec une telle puissance vous pouvez avoir des prix de containers différents de ceux de vos concurrents. Quand vous êtes propriétaire de l’hypermarché, de la galerie commerciale, des terres qui sont autour, ça pose problème parce que vous pouvez créer des zones commerciales dans lesquelles vous choisissez les enseignes que vous voulez mettre, par exemple éviter vos concurrents. On peut voir ces situations et on les voit ici.

Tout ce que je vous dis là sont toutes les conséquences de marchés concentrés. L’Autorité de la concurrence est une autorité qui a été créée pour protéger ça. Et tout ceci prend une emprise beaucoup plus importante dans un territoire insulaire comme la Réunion.

On va invoquer la crise du fret, des matières premières, de la guerre en Ukraine

Je ne dis pas nécessairement que les détenteurs du duopole auront de mauvais comportements. Mais la situation amène toujours à une pratique de prix élevés parce qu’il n’y a pas d’émulation, pas de rapport de force de négociation donc pas d’incitation à lutter contre la vie chère. Vous allez voir que tous les distributeurs parmi ces deux là vont annoncer dans les toutes prochaines semaines, des hausses de prix. On va vous dire que c’est la crise du fret maritime, ce qui est partiellement vrai. Enfin, le fret ne représente que 5 à 8% du prix de vente. On va invoquer la crise des matières premières, la guerre en Ukraine…

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Cliquez sur l’image pour ouvrir la synthèse du rapport intermédiaire de C.-Girardier.

Vous pensez que c’est bidon ?

Non, je ne dis pas que c’est bidon, je dis que ce sont des éléments, mais qu’avec de tels mastodontes, il pourrait y avoir un peu plus d’efforts pour lutter contre la vie chère.

Tout se passe comme si tout est dit, tout est écrit mais les décisions n’ont pas été prises. Aujourd’hui on a une situation qui fait que, si rien n’est fait, La Réunion pourrait se retrouver plongée dans une économie extrêmement concentrée. Cela aurait des conséquences pour le niveau des prix mais aussi pour le niveau de diversité de l’offre. Plus vous avez de parts de marché plus vous décidez de ce qu’il y a dans vos rayons. Et donc vous pouvez être incité à faire des optimisations logistiques au préjudice de la qualité de l’offre et surtout de sa diversité.

Plus l’économie est concentrée et moins de nouveaux entrants veulent venir. Il y a donc un problème d’attractivité de l’économie, elle est auto-administrée par un ou très peu d’acteurs dominants.

Ces grands distributeurs vont favoriser l’importation plutôt que l’offre locale ?

Ils le peuvent, ils le font quasiment déjà. Mais pas que GBH. Certains disent que ça coûte moins cher, d’autres que ça peut être par rapport à des choix, il y a plein de raisons.

Mais comment voulez vous qu’un petit producteur local puisse lutter contre ces mastodontes ? Dans le contexte de retour à l’inflation et face, de recours à l’importation de marques distributeurs par les grandes enseignes, les petits producteurs ne seront pas incités à faire d’efforts. Donc plutôt que de faire des produits de qualité, moyen / haut de gamme, ils choisiront de faire des produits bas de gamme pour essayer de concurrencer les marques de distribution. Donc vous avez une paupérisation de l’offre qui est à craindre.

Qu’est-ce qu’il y a comme solutions pour les autres acteurs ?

Je ne peux pas trop en parler car ce sera dans le prochain rapport. Mais il faut réfléchir probablement à changer le cadre réglementaire parce que les situations sont tellement extrêmes ici. Il faut accompagner de telle sorte que ce genre d’excès en termes de concentration de marché ne puissent plus arriver. En tout état de cause, si ce n’est pas fait, la situation actuelle sera irréversible. Pour le prochain rapport, je réfléchis aussi pour voir qu’est-ce qu’on fait de la situation d’une société qui emploie 800 personnes et qui pour moi va vers une défaillance inéluctable.

Vous parlez même dans votre synthèse d’une situation proche de la cessation de paiement, qu’est-ce qui a mené Make distribution à ce point ?

Make distribution au départ a été créé par ses deux dirigeants et le groupe Adrien Bellier participation. Avec les récentes transactions qui ont été faites, il n’y a plus qu’un seul actionnaire, le groupe Adrien Bellier participation, qui est l’actionnaire unique. C’est effectivement un groupe réunionnais, planteur de cannes à sucre. Ce sont des acteurs de la production agricole.

Je trouve toujours très bien d’avoir un groupe réunionnais qui investisse dans un autre secteur que le sien. Mais ce qu’ils ont fait était très périlleux.

D’abord ils ont acheté très cher, ils ont eu une stratégie aventureuse, ils ont fait des choix que j’avais qualifiés d’extrêmement dangereux. Malheureusement je n’avais pas tord. C’est-à-dire qu’ils ont décidé d’avoir un modèle économique d’approvisionnement qui n’était pas adapté à mon sens, ils ont décidé de ne pas avoir de logistique locale pensant qu’ils pourraient faire du flux tendu. C’est-à-dire, les containers arrivent, on les dépotent directement dans les hypermarchés. Mais c’est une stratégie risquée et la crise du fret a évidemment constitué un handicap majeur supplémentaire et a été à l’origine de nombreuses ruptures sur des produits phares.

Enfin, ils ont dit qu’ils étaient partenaires d’Intermarché mais en fait, ils n’achètent pas à la centrale d’achat Intermarché, ils achètent à un intermédiaire qui évidemment prend sa marge. Donc ils ne pouvaient pas avoir une performance prix comme le font les grands acteurs comme Leclerc ou Carrefour qui achètent directement sur les centrales d’achat nationales voire internationales de ces grands groupes.

Comment expliquer que Run Market se montre si discret et communique si peu ? Ils sont pourtant la première victime…

Tous les acteurs de la grande distribution ont joué le jeu et m’ont donné leur chiffre d’affaires par magasin, à l’exception notable de deux acteurs : Make distribution et le groupe Hayot. S’agissant de Make distribution, cela traduit à mon sens une volonté d’occulter la réalité de leur situation, ce qui n’est pas très heureux dans le contexte actuel. S’agissant de GBH, ils ont tout à la fois refusé de me donner les chiffres d’affaires de leurs magasins tout en affirmant qu’au terme de l’opération de rachat, ils n’étaient pas le premier acteur du marché. La réalité, comme vous l’aurez constaté dans mon rapport intermédiaire, est tout autre. On peut dès lors comprendre mieux les raisons pour lesquelles le groupe Hayot a refusé de me donner ses chiffres.

Je rappelle aussi que j’ai écrit dans mon rapport d’il y a deux ans qu’il y avait des risques sérieux de défaillance du nouvel acteur dans les 18 mois, c’est ce qu’il se passe.

Entretien : Jéromine Santo-Gammaire

Un peu de contexte…

Mardi 23 août, un rapport intermédiaire sur la situation de la grande distribution à La Réunion est rendu public au cours d’une conférence de presse à Saint-Denis. L’expertise, menée par Christophe Girardier, président de la société de conseil Bolonyocte consulting, est réalisée à la demande de l’OPMR (l’Observatoire des prix, des marges et des revenus), deux ans après le rachat de Vindémia (groupe Casino, alors n° 1 sur le marché) par le groupe Bernard Hayot (GBH, alors n° 2). Les conclusions sont alarmantes et reprennent plusieurs inquiétudes déjà exprimées dans un précédent rapport sur le même sujet remis en mars 2020.

« Deux ans après, le renforcement de la concentration dans la grande distribution à La Réunion met en péril la lutte contre la vie chère, la diversité de l’offre, les fournisseurs et l’emploi local »  alerte la société Bolonyocte consulting sans son rapport intermédiaire que vous pouvez consulter dans l’onglet « Les documents » (le rapport final sera rendu en septembre). Christophe Girardier, que nous avons interviewé, met en exergue l’apparition d’un duopole constitué des deux enseignes Carrefour et Leclerc qui se partagent à deux 2/3 du marché. Il craint une inévitable cessation de paiement de Make distribution (enseigne Run Market), le troisième acteur de ce rachat qui avait fait grand bruit à l’époque. Celui-là même qui était censé, aux yeux de l’Autorité de la concurrence, éviter la concentration du marché aux mains d’un nombre trop réduit d’acteurs.

« D’abord, la vie chère. » En visite sur l’île de La Réunion, en octobre 2019, le président de la république Emmanuel Macron avait le sens des priorités. « Sur la vie chère il n’y a pas de recette miracle, j’y reviendrai à plusieurs reprises et j’ai d’ailleurs demandé à ce que l’Autorité de la concurrence puisse revenir dans quelques semaines. On va renforcer le dispositif et être absolument intraitable. »

Pour son tout premier discours à son arrivée sur l’île de l’océan Indien, Emmanuel Macron faisait allusion à un dossier présent dans tous les esprits à ce moment-là et qui continue donc de faire des vagues ces derniers jours : le rachat des actifs de Vindemia par GBH, soit sept hypermarchés et quatorze supermarchés, à La Réunion et à Mayotte.

L’ancien ministre de l’économie disait vrai, au moins en partie : quelques semaines plus tard l’Autorité de la concurrence est revenue sur l’île.

Quelques mois plus tard, le 26 mai 2020, l’opération de rachat – 219 millions d’euros – a reçu le feu vert du gendarme français de la concurrence. L’autorité indépendante a posé des conditions au « dispositif », soit à la vente des hypers et des supers permettant notamment le désendettement du groupe Casino, alors attaqué en bourse et en grande difficulté. En imposant la vente – « cession d’actifs » – de quatre hypermarchés préalablement à la reprise de Vindemia, l’Autorité de la concurrence soutenait qu’avec un « nouvel entrant », la concurrence serait rétablie et le risque de position dominante, écarté. Mieux, devant le Conseil d’état examinant en urgence un recours contre sa décision, Etienne Chantrel, chef du service des concentrations à l’Autorité de la concurrence, soutenait que « même si cela arrive très rarement, en réalité ce dossier soumis à l’Autorité de la concurrence consiste en une opération de déconcentration ».

JS et JSG

A propos de l'auteur

Jéromine Santo Gammaire

En quête d’un journalisme plus humain et plus inspirant, Jéromine Santo-Gammaire décide en 2020 de créer un média indépendant, Parallèle Sud. Auparavant, elle a travaillé comme journaliste dans différentes publications en ligne puis pendant près de quatre ans au Quotidien de La Réunion. Elle entend désormais mettre en avant les actions de Réunionnais pour un monde résilient, respectueux de tous les écosystèmes. Elle voit le journalisme comme un outil collectif pour aider à construire la société de demain et à trouver des solutions durables.

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