LIBRE EXPRESSION
Connaissez-vous ou avez-vous eu l’occasion d’assister à une conférence de Farouk Issop ?
Ce conférencier et auteur réunionnais, incarne une figure de dialogue et de transmission, toujours empreinte de bienveillance et de respect.
Partisan de l’écoute active, il conclut ses interventions par un ron kozé, un espace d’échanges où chacun peut s’exprimer librement. Avec humilité, il invite à des réflexions philosophiques et spirituelles sur notre place dans le monde, en s’appuyant sur des concepts vieux de 2000 ans avant JC mais étonnamment modernes. Lors de sa conférence sur la mythologie égyptienne, il a démontré comment ces récits anciens éclairent nos questionnements actuels.
Transformant l’érudition en expérience vivante, il fait des mythes des miroirs pour explorer nos valeurs universelles. Ainsi, Farouk Issop ne transmet pas seulement un savoir, mais initie une conversation profonde sur l’humanité et ses quêtes intemporelles.
La quête de la connaissance : un voyage initiatique
La conférence d’Issop Farouk a été pour moi une expérience marquante, où j’ai découvert des notions essentielles comme l’harmonie entre le Bah et le Kah, ces deux forces complémentaires qui, une fois unies, permettent d’accéder à une élévation spirituelle. Je connaissais la traduction du yin et yang dans la philosophie chinoise
Le triptyque « raison-âme-cœur », est l’essence principale de notre être et cette réflexion, m’a semblé universel, puisqu’il trouve des échos dans la Bible (« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force »), dans le Coran qui place le qalb (cœur) au centre de la compréhension spirituelle, et dans les textes sacrés juifs comme le Zohar, qui explore les dimensions de l’âme (nefesh, ruach, neshamah).
J’ai été particulièrement touchée par l’image de la grenouille dans sa flaque d’eau dans un puits, découvrant l’existence d’un océan grâce à un crabe. Cette parabole illustre parfaitement l’idée que la connaissance nous élève et nous permet de dépasser nos limites en ayant une réflexion par les livres, là même où l’ignorance et l’obscurantisme gangrènent notre société.
Une sagesse intemporelle pour transcender la douleur
Parmi les symboles qui m’ont particulièrement marquée, la barque sacrée occupe une place centrale : elle représente « une pirogue des âmes » en quête de transmutation, traversant les eaux du Nil ou les rivières du monde souterrain pour rejoindre l’au-delà. Les défunts embarquaient dans ces barques, accompagnés de sorts issus du Livre des Morts, pour affronter les épreuves du Duat, le royaume des morts, et se présenter devant Osiris, le dieu de la résurrection et juge suprême.
Dans cette traversée spirituelle, l’âme devait se délester progressivement des fardeaux terrestres pour s’alléger et espérer accéder aux Champs d’Ialou (Aaru), un paradis verdoyant. Ce processus de purification me rappelle l’idée d’un nirvana égyptien, où l’équilibre entre la vérité (symbolisée par la plume de Maât) et le cœur du défunt déterminait son sort.
Fascinée par cette civilisation millénaire, où chaque symbole – la barque de Rah traversant le ciel, le scarabée représentant le renouveau ou encore l’ankh, clé de la vie – porte une signification universelle. Ces récits me rappellent ainsi que dans la Bible, le Coran et les textes sacrés juifs comme le Zohar, cette idée d’un voyage spirituel où l’âme doit s’élever pour atteindre une forme d’éternité.
Des clés pour ouvrir les portes de l’Aaru (le paradis)
Dans la tradition égyptienne, ce dépassement est symbolisé par le voyage du défunt vers l’Aaru, les Champs d’Ialou, paradis verdoyant où seules les âmes ayant respecté les principes de Maât peuvent accéder. Ce cheminement exige que le défunt se déleste progressivement des poids terrestres pour atteindre cet état ultime, comparable au nirvana dans d’autres traditions.
J’ai accueilli les paraboles comme des éclats de sagesse, des récits universels que j’ai fait miens pour transcender la douleur profonde liée à la perte récente de mon père. À travers ces enseignements, j’ai découvert une vision apaisante de la mort, un concept que les anciens Égyptiens n’associaient pas à une fin, mais à une transformation, un passage vers une nouvelle aventure. Cette symbolique m’a offert un réconfort inestimable, me permettant de percevoir son départ non pas comme une rupture définitive, mais comme une libération de son corps devenu prisonnier de la souffrance.
Je suis convaincue qu’il poursuit désormais un voyage lumineux, affranchi des limites terrestres, porté par une essence éternelle qui dépasse le visible. Ces réflexions m’aident à réinterpréter la séparation avec sérénité, en imaginant son âme évoluant dans un univers où le temps et l’espace n’ont plus d’emprise. Ainsi, les paraboles et les symboles anciens deviennent pour moi des ponts entre le chagrin et l’espoir, entre la perte et la renaissance.
Un savoir ancestral toujours moderne au XXIème siècle
Par ailleurs, cette mythologie, vieille de plusieurs millénaires, reste moderne par sa capacité à transcender le temps et à s’intégrer dans des contextes actuels. Par exemple, les croyances égyptiennes sur le voyage de l’âme après la mort influencent encore les idées modernes sur la réincarnation et la transformation spirituelle.
Des rituels inspirés par la pesée du cœur contre la plume de Maât sont repris dans certaines pratiques New Age pour explorer la balance entre vérité et harmonie. De même, les symboles égyptiens comme l’Ankh (symbole de vie éternelle) ou l’œil d’Horus (protection et guérison) sont intégrés dans les méditations et les talismans contemporains. Ces symboles servent à renforcer la connexion avec le divin et à promouvoir le bien-être personnel.
Dans une conférence de Farouk Issop, il n’y a ni maître ni élève, ni érudit ni ignorant, mais une communauté unie par le désir sincère de partager, en toute pudeur, ses réflexions et d’avancer ensemble sur le chemin de la connaissance. Avec humilité, il nous offre des clés précieuses pour explorer ces savoirs, laissant à chacun la liberté de les utiliser à son rythme et selon sa propre quête intérieure.
NB ; vous pouvez retrouver toutes les dates des conférences de Farouk Issop sur sa page FB ou sur Association Cultures du Monde.
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