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PHREN, le premier court-métrage d’une réalisatrice réunionnaise

Réalisatrice réunionnaise, Flora Solomiac présente son premier court métrage et lance un appel au public afin de soutenir la réalisation d’une suite. C’est après un passage au Cours Florent qu’elle a décidé de revenir sur sa terre natale pour concrétiser ses projets, en commençant par écrire, réaliser et jouer dans PHREN, aujourd’hui publié sur Youtube.

Qui êtes vous ?

Je m’appelle Flora Solomiac. J’ai réalisé un court métrage qui s’appelle PHREN. Ça fait à peu près trois ans que je réalise. J’ai commencé au Cours Florent quand j’ai fait ma formation d’actrice là-bas en 2017.

« J’ai décidé d’en faire un court métrage parce que le long métrage, c’était trop gros pour ce projet. Je n’avais pas les fonds, pas l’équipe. »

Comment le projet est né ?

C’était en fin de troisième année au Cours Florent, on devait faire des travaux de fin d’étude et j’avais décidé de présenter ce film. C’était à la base un long métrage mais, au moment du tournage, il y a eu le Covid. Trois jours avant qu’on commence le tournage, il y a eu l’annonce du confinement. Donc j’ai décidé de mettre ce projet en pause et de le garder pour plus tard. Et au final, j’ai décidé d’en faire un court métrage parce que le long métrage, c’était trop gros pour ce projet. Je n’avais pas les fonds, pas l’équipe. Donc j’en ai fait un court qui, peut-être, me permettrait de faire la suite un jour.

À mon sens, le système judiciaire est fait pour profiter aux criminels et pas accompagner les victimes. Donc c’est une prise de position qui ne va peut-être pas faire bouger les choses, mais c’est un premier pas.

De quoi ça parle, PHREN ?

On suit Noom, qui a 13 ans, qui cherche son père et qui se cherche lui-même. Et en fait, dans sa quête d’identité, il va trouver non pas la sienne mais celle de sa mère. Et on découvre que leurs destins sont liés. On voit jusqu’à quel point, mais on ne voit pas tout dans ce court métrage. Il y a beaucoup de choses qui ne sont pas dites et c’est fait exprès. C’est un jeune homme, Noom, qui est un peu perdu et, vu qu’il cherche son père, il s’en rapproche un peu inconsciemment et ça l’emmène dans des situations auxquelles on ne voudrait pas être confronté.

Extrait de PHREN
Extrait de PHREN

Donc il retrouve son père ?

C’est une question à laquelle je préférerais ne pas répondre tout de suite… Ça sera plus développé dans le long métrage. J’aime laisser à chacun le soin de l’interprétation.

Le film aborde le thème des violences sexuelles, pourquoi ?

Le thème des violences sexuelles, ce n’est pas vraiment ça dont je voulais parler à la base. C’est venu naturellement avec le personnage de Kiedere, dans son caractère, dans son histoire. En rencontrant réellement mes personnages, j’ai compris que c’était ça qu’incarnait cet homme-là et c’est vrai que c’est un peu un archétype de tous les vices. Donc j’ai voulu en faire vraiment un personnage horrible, mais qui existe, et qui, justement, est horrible parce qu’il existe dans la vie. C’est vrai que c’est un thème, malheureusement, qui est beaucoup présent dans notre vie de tous les jours. Donc ce n’est pas plus mal d’en parler.

Extrait de PHREN
Extrait de PHREN

Pourquoi cette histoire-là ?

Ça m’est venu un peu naturellement, ce n’est pas lié à moi, ce n’est pas lié à des gens que je connais. C’est vraiment une histoire que j’ai reçue un jour. Donc je suis allée jusqu’au bout, je l’ai écrite et, en l’écrivant, je me suis rendu compte que c’était l’histoire de beaucoup de monde. Mais à la base, ce n’est pas pour parler de quelqu’un en particulier que je l’ai faite.

On entend la mère dire à un moment : « Il t’a à peine touché ? Il n’y a pas eu pénétration, même orale ? Dans le meilleur des cas, il prendra 10 ans, ça arrive une fois sur dix si tant est que la victime aille jusqu’à porter plainte. » C’est une forme de protestation contre le système judiciaire ? Encore plus dans le contexte actuel avec la triste affaire Lyhanna ?

Alors c’est vrai que la justice, c’est toute une histoire, pas qu’en France, mondialement. C’est vrai qu’il y a beaucoup de gens qui sont déçus, qui n’y croient plus. Et dans ce court métrage, c’est vrai que j’aborde le thème de cette manière-là : notre système judiciaire a beaucoup de failles qui ne sont pas réparées. Donc oui, pour moi, c’est important de parler de ça. À mon sens, le système judiciaire est fait pour profiter aux criminels et pas accompagner les victimes. Donc c’est une prise de position qui ne va peut-être pas faire bouger les choses, mais c’est un premier pas.

« J’ai pris le rôle d’actrice, de réalisatrice et de scénariste, donc c’était compliqué pour moi de tout gérer à la fois »

Comment ça s’est passé, le tournage ?

Pour le coup, j’ai décidé d’être accompagnée par des professionnels du cinéma qui étaient déjà installés dans le métier. Ils ont beaucoup tourné sur les séries et les films qui se font à La Réunion, donc OPJ, tout ça. J’ai pris le rôle d’actrice, de réalisatrice et de scénariste, donc c’était compliqué pour moi de tout gérer à la fois. Ce n’était pas possible, en fait. Donc je voulais des gens qui savaient ce qu’ils avaient à faire et qui savaient le faire. Ça s’est fait sur deux jours pour une question de budget, je n’en avais pas beaucoup. Pareil pour les lieux de tournage, pour des questions de gestion des déplacements. Donc voilà, deux jours, intenses, mais très cool. Et oui, j’ai décidé de demander aux gens que je connaissais s’ils pouvaient m’aider au niveau des lieux, du matériel éventuellement, toujours pour des raisons de budget.

Dans toutes les casquettes que tu as citées juste avant, réalisatrice, scénariste, actrice, laquelle tu préfères ?

J’aime les trois. C’est vraiment trois pôles différents. Après, c’est vrai que j’ai une formation d’actrice donc, disons, si on choisit un axe principal, c’est l’acting. Mais j’aime beaucoup écrire et réaliser.

La suite, ça serait de décliner ça sous une mini-série, plusieurs petits courts métrages ? Comment tu imagines la suite si tu veux justement prolonger cette histoire et qu’elle aboutisse à ce que tu avais imaginé au début ?

PHREN, en l’état, c’est un court métrage, mais c’est vrai que l’histoire est beaucoup plus longue. À la base, c’est un long métrage mais ça risque de se faire sur plus d’épisodes qu’un long métrage. Je risque d’avoir besoin d’un producteur ou d’une productrice. Donc ça se fera aussi en fonction de ce que la personne qui m’accompagnera décidera comme étant le plus pertinent. Je suis assez adaptable là-dessus. Le format ne changera pas l’histoire, on va dire. Donc si jamais ça a plu à des gens, n’hésitez pas à soutenir parce que vraiment ça me permettrait de faire la suite et d’autres projets. Je suis sur Instagram, voilà, si les gens peuvent soutenir, ça aide de ouf.

Pourquoi avoir choisi de venir parler de PHREN aujourd’hui ?

C’était pour permettre plus de visibilité à mon film. Essayer d’aller toucher le public réunionnais. Malgré le fait que je sois d’ici, il n’y a pas tant de monde que je connais à La Réunion qui l’a vu ou qui a réagi. Donc c’est pour me faire connaître un peu plus parce qu’après, j’ai d’autres histoires plus locales qui arrivent. Donc si je peux avoir un peu de soutien au niveau local, ça peut être chouette.

Entretien : Etienne Satre

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A propos de l'auteur

Etienne Satre

Journaliste, Etienne Satre a rejoint l'équipe en janvier 2024 en tant qu'apprenti journaliste. Il étudie à l'Institut de l'image de l'océan indien (Iloi) basé au Port.

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