Le rôle clé de la diplomatie scientifique anticipatoire : un levier d’anticipation pour l’Océan indien ?

metaverse illustration de Kevin Lognoné

LIBRE EXPRESSION

Dans un monde secoué par des conflits et de graves situations de crise, le rôle clé de la diplomatie scientifique anticipatoire est largement sous-estimé. Comment la diplomatie peut anticiper les progrès scientifiques et en exploiter les bénéfices ?

Un service en charge des relations diplomatiques, dirigé par un diplomate, est placé auprès du préfet de La Réunion. Actuellement, c’est M. Laurent Amar qui exerce la fonction de conseiller diplomatique du préfet, il est mis à la disposition du ministère de l’Intérieur par le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE).

Le deuxième Sommet du Geneva Science and Diplomacy Anticipator (GESDA) s’est réuni à Genève en présence de plusieurs centaines de scientifiques, diplomates, décideurs politiques. Le chef du département fédéral helvétique des affaires étrangères a souligné le rôle clé de la diplomatie scientifique anticipatoire. « Il s’agit d’anticiper les progrès scientifiques et d’en exploiter les bénéfices afin qu’ils soient partagés par tous dans le monde », s’est-il exprimé.

Singapour était représenté à ce sommet par son ministre des affaires étrangères, Vivian Balakrishnan. Ce pays, à l’instar de la Suisse, est à la pointe de l’innovation. « Les progrès scientifiques et leurs bénéfices sont essentiels face à l’urgence et l’accélération des défis mondiaux. Il faut que ces progrès soient captés, encadrés et partagés d’une manière inclusive et équitable ».

Un modèle fidèle à l’anticipation de Roland Garros de La Réunion à Saïgon ?

Roland Garros est né le 6 octobre 1888 rue de l’Arsenal (rebaptisée depuis « rue Roland-Garros ») à Saint-Denis de La Réunion. Sa famille était depuis longtemps établie dans l’île, avec des origines toulousaines du côté paternel et lorientaises (via Pondichéry) du côté de sa mère Clara née Faure. Il n’a que quatre ans quand son père Georges Garros ouvre à Saïgon un cabinet d’avocat pour suivre les affaires de ses amis commerçants vietnamiens.

En renouant avec ce parfum d’Extrême-Orient, La Réunion ferait-elle œuvre d’anticipation en guidant les vents de sa diplomatie vers des vagues de science et de nature circulaire ? « The Eternal Flow » (le flux éternel) a guidé le pavillon vietnamien à l’exposition universelle de Dubaï. Un hommage déguisé à Roland Garros ?

En réalité, le pavillon du Vietnam à l’Expo 2020 de Dubaï a voulu montrer que l’humble bambou est au cœur de l’économie circulaire du pays. Sa scène était composée à 100 % de bambou, un matériau vietnamien qui a historiquement joué un rôle important dans la vie quotidienne et qui envoie également un message sur nos objectifs pour un avenir durable. Lorsque vous coupez le bambou, il repousse, il est donc très durable.

La jeunesse vietnamienne a pris le relais et veille à ce que ce matériau essentiel reste une partie des coutumes du pays. En effet, la jeune génération vietnamienne reste très intéressée par l’économie circulaire et propose de nombreuses façons inventives de la faire avancer. Les étudiants ont conçu des vélos en bambou durables, qui deviennent de plus en plus populaires – TreviBike [‘trevi’ signifie bambou en vietnamien] crée des vélos de luxe, qui peuvent être personnalisés, fabriqués à partir de matières premières naturelles en bambou dans le but de créer un style de vie vert pour tout le monde.

Le bambou étant capable de libérer plus de 35 % d’oxygène en plus que les autres arbres et d’absorber trois à quatre fois plus de dioxyde de carbone, ce n’est pas seulement une bouée de sauvetage pour l’environnement, mais aussi pour les générations futures du Vietnam.

A Dubaï, les marionnettes sur l’eau du Vietnam offraient un aperçu de sa culture locale. Les temps pionniers de l’aviation sont nés dans des hangars à bateaux, avec les premiers hydravions en bois et en tissu. L’audace de Roland Garros est sans doute toujours là. Y compris face aux vents diplomatiques. Anticipons !

Kevin Lognoné

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