À Saint-Leu, l’association Titan Surf Club transforme chaque mercredi l’océan en un espace d’inclusion et de partage pour les jeunes, avec ou sans handicap.
« Premières vagues, grands frissons » pour tous ! Mercredi dernier, Parallèle Sud s’est rendu sur le front de mer de la ville de Saint-Leu pour participer à une expérience unique qui vise à accompagner des jeunes en situation de handicap mental pour une première expérience de surf adaptée grâce à l’association Titan Surf Club. Celle-ci défend une vision simple, qui veut faire de l’océan un espace accessible à tous et voit le surf comme un vecteur puissant d’inclusion.

L’histoire du Titan Surf Club
À La Réunion, l’association Titan Surf Club s’engage à rendre le surf accessible à tous, y compris aux personnes en situation de handicap. Destinée à des jeunes issus de centres éducatifs spécialisés ou éloignés de la pratique sportive, lancée il y a environ un an et demi, cette activité connaît un réel impact positif.
Charline Soulet, présidente et membre active de l’association Titan, raconte l’histoire et l’engagement du Titan Surf Club. Présente chaque mercredi pour encadrer des séances adaptées, elle explique que l’association, née il y a une dizaine d’années en métropole, a été implantée localement il y a six ans pour développer le handisurf, alors encore peu accessible.
« À l’origine portée par une petite équipe d’éducateurs sportifs, l’initiative a évolué vers un projet centré sur le surf adapté et l’inclusion, ouvert à tous les publics, quels que soient les handicaps ou les parcours de vie. » Grâce à un travail de terrain mêlant partenariats institutionnels, bouche-à-oreille et événements ponctuels, le club attire aujourd’hui des participants réguliers.
Bénévole au sein de la structure, Raphaël Rajerinera, moniteur de surf de sa propre école, encadre chaque mercredi des séances d’handi surf. Il témoigne : « Les participants gagnent en confiance, communiquent davantage et utilisent même le surf comme levier dans leur suivi thérapeutique. »


Malgré ces bénéfices, l’accessibilité reste un défi majeur. Entre infrastructures inadaptées, manque d’équipements et difficultés logistiques, l’association plaide ainsi pour un meilleur accompagnement des collectivités locales. Au-delà des obstacles, Raphaël retient surtout l’enthousiasme et les sourires des jeunes et nourrit l’ambition de développer à terme des séjours entièrement dédiés au surf inclusif comme des vacances 100% surf sous la forme d’un surf camp. Il souligne que le mercredi reste sa journée préférée de la semaine !
Enfin, au-delà de l’aspect sportif, Charline insiste sur l’impact humain de ces séances : « Entre appréhension et émerveillement face à l’océan, les familles vivent des moments forts. »
Les voix du bord de l’eau
En vacances à La Réunion, Margaux a choisi de s’engager bénévolement auprès de l’association après avoir entendu parler de ses actions par une connaissance. Venue prêter main-forte lors d’une séance de surf adaptée, elle confie avoir été agréablement surprise par l’enthousiasme des enfants, qui ont rapidement pris du plaisir dans l’eau.


« Si l’entrée dans l’océan peut susciter des appréhensions chez certains, par exemple face aux vagues, la mise en confiance instaurée par les encadrants permet de dépasser ces craintes et de transformer l’expérience en moment positif ! » Margaux souligne surtout l’importance du lien et de l’accompagnement. Ce qu’elle retient avant tout de cette session, ce sont les sourires des jeunes et la qualité du travail des bénévoles, capables de rassurer et de motiver même après un moment de peur.
Une autre bénévole débutante raconte son expérience. Après avoir pris des cours de surf avec son instructeur Raphaël, elle a rejoint l’association pour partager sa passion. Elle souligne : : « C’est incroyable d’accompagner ces jeunes qui pour certains n’avaient jamais mis les pieds dans l’eau. » Professeur habituée à la pédagogie différenciée, elle trouve dans Titan une continuité naturelle de son travail.
Un jeune participant nous raconte sa première expérience de surf tout droit sortie de l’eau ! Après avoir dépassé sa peur de l’eau, il décrit avec enthousiasme comment il a appris à se lever sur la planche, en passant de la position allongée à quatre pattes, puis debout, pour finalement prendre ses premières vagues. Même si le nombre de vagues surfées reste modeste, il exprime son plaisir et sa satisfaction « c’est amusant et c’est cool ». Il se réjouit déjà de revenir chaque mercredi pour continuer à progresser.


Quand le surf touche le coeur
Cette journée fut forte en émotions ! En effet, rencontrer ces enfants a permis de créer un lien pour un court instant, le temps d’une matinée. Nous les avons suivis depuis le bord du petit port de Saint-Leu pendant leur séance de surf et avons pu les accompagner depuis leur mise à l’eau jusqu’à leur première vague.
Lorsque le jeune Ibrahim s’est mis debout sur sa planche, l’émotion a pris le dessus. L’ensemble de ces encadrants, pourtant habitués aux émotions fortes, ont alors hurlé de joie, pour certains versé des larmes. Même pour nous, journalistes mais avant tout humains, les sensations ont étés gratifiantes et émouvantes.
Okeana Hertkorn

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