manifestation loi retraites Saint-Pierre mardi 7 février 2022

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Les réac’, ils osent tout… même attaquer le 1er mai 

ÉDITO

Il fallait oser. Après avoir déjà privé les retraités de deux années de vie et essayé de supprimer deux jours fériés, le dernier gouvernement macroniste s’attaque au 1er mai. Grâce à la mobilisation des syndicats, des associations et des élus progressistes, le 1er ministre Sébastien Lecornu a reculé. Le 1er mai 2026 est sauvé mais l’année prochaine lui ou son successeur pourra retenter le coup.

Ce ne sera plus une première honteuse que de s’y attaquer puisque ça aura déjà été fait. Le 1er mai est le seul jour férié et chômé de l’année grâce à la lutte des travailleurs de tous les pays. C’est une longue histoire et surtout le symbole des droits des travailleurs. Et les boulangers qui ont servi de prétexte à cette piteuse tentative s’honoreraient à ne pas se prêter à cette instrumentalisation réactionnaire.

D’ailleurs, si le patron boulanger veut faire son pain et le vendre un 1er mai, rien ne l’en empêche à condition qu’il ne fasse pas travailler ses salariés. C’est donc un cadeau que le gouvernement voulait offrir aux grosses chaînes de boulangerie au détriment des petits artisans.

1,77 € le litre de gasoil pour le salarié, 1,24 € pour le patron

Cette « profanation » du 1er mai n’aurait pas été possible sans une longue campagne de dévalorisation du monde du travail. Un post sur Facebook bien réac relevait il y a quelques jours que les maires LFI seraient tous des fonctionnaires ou des salariés… quand ce ne sont pas des chômeurs. 

Mais justement ce sont les salariés qui font tourner les entreprises et les fonctionnaires qui assurent les services publics comme la santé, l’éducation et le reste… Et ce sont eux qui sont sacrifiés, critiqués, insultés sur les médias d’extrême-droite du groupe Bolloré, par le gouvernement actuel…

Ce sont eux qui sont oubliés ici quand les patrons du transport obtiennent des ristournes sur le gasoil professionnel alors que la crise pétrolière atteint son paroxysme et que les prix à la pompe battent des records. On l’a écrit il y a quelques jours, grâce à l’effort des pouvoirs publics (État + Région), le prix du litre du gasoil professionnel est plus bas en avril qu’en mars (1,24€ le litre) alors qu’il culmine à 1,77€ le litre pour les particuliers.

Ode à la vie

Bref, c’est le salarié, le fonctionnaire, le retraité, l’étudiant ou le chômeur qui paye plein pot. Et le salarié ne voit pas son salaire augmenter, alors que l’entreprise est assistée pour préserver sa rentabilité.

Il ne faudrait pas la brusquer, l’entreprise… Elle est si précieuse, l’entreprise ! On fait des lois pour elle, l’entreprise. On allège ses charges. On l’exonère pour qu’elle puisse continuer à utiliser des molécules cancérogènes dans ses produits cosmétiques ou pour désherber les champs… quand, dans le même temps, on sanctionne les chômeurs et les allocataires du RSA.

Et ils ont donc osé prétendre que travailler le jour le plus important pour les droits des travailleurs sauverait l’économie nationale ! Mais arrêtons de croire qu’il faudrait travailler tout le temps à flux tendu.  Pourquoi ? Pour sauver qui ? Pour sauver quoi ?

Alors que tout le monde a pu constater à l’occasion d’une alerte rouge, d’un blocage de route ou d’un confinement qu’arrêter de travailler un jour, une semaine, deux mois n’a pas fait exploser le modèle. Il n’y a pas eu mort d’homme. Au contraire, c’est plutôt une révélation à chaque fois qu’il y a mieux à faire que courir derrière des chiffres. Ce n’est pas une ode à la paresse, mais une ode à la vie qui vaut mieux que leurs profits.

Franck Cellier

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A propos de l'auteur

Franck Cellier

Journaliste d’investigation, Franck Cellier a passé trente ans de sa carrière au Quotidien de la Réunion après un court passage au journal Témoignages à ses débuts. Ses reportages l’ont amené dans l’ensemble des îles de l’océan Indien ainsi que dans tous les recoins de La Réunion. Il porte un regard critique et pointu sur la politique et la société réunionnaise. Très attaché à la liberté d’expression et à l’indépendance, il entend défendre avec force ces valeurs au sein d’un média engagé et solidaire, Parallèle Sud.

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