⏱️ Temps de lecture estimé : 3 min(s)

🎧

Menacer la presse, c’est attaquer la démocratie

KOZÉ LIBRE

Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), première organisation de la profession, condamne avec la plus grande fermeté les propos tenus par Marine Le Pen lors d’un point-presse organisé le mardi 29 septembre. La dirigeante du Rassemblement National (RN) y réagissait aux révélations de Mediapart sur des propos antisémites attribués au président du RN, Jordan Bardella.

La candidate à l’élection présidentielle a notamment déclaré : “maintenant, c’est à Mediapart, je crois, qu’il va falloir dire d’enfiler son costard en Kevlar, parce qu’il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent”.

Le kevlar est le matériau qui sert à fabriquer les gilets pare-balles. La menace est donc précise, publique, assumée. Députée, ancienne cheffe de parti, Marine Le Pen sait parfaitement que ses propos seront largement diffusés. Ces intimidations sont d’une extrême gravité.

Le SNJ apporte tout son soutien à la rédaction de Mediapart, dont les enquêtes contribuent à éclairer le débat public, et se tiendra aux côtés de ses équipes si elles souhaitent saisir les tribunaux.

Cet épisode sinistre aggrave encore plus le contexte de violence dans lequel travaillent les journalistes et les médias. Ce climat d’agressivité et de haine à leur égard est largement alimenté, et depuis longtemps, par l’extrême droite et les ennemis de la liberté de la presse. Mais d’autres formations politiques portent également leur part de responsabilité.

Le SNJ dénonce le soutien que le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a apporté à l’agression de reporters de BFM-TV dans sa commune, mardi 29 septembre. Un message inadmissible, publié sur les réseaux sociaux, puis effacé quelques heures plus tard. Affirmer que des manifestants ont “raison” d’agresser des journalistes est une faute grave de la part d’un élu de la République.

Dans une démocratie en bonne santé, l’autorité publique et les responsables politiques de tous bords sont les premiers défenseurs de la liberté d’informer. Hélas, en France, plus de 40% des entraves à la liberté de la presse sont imputables à des représentants de l’Etat ou des parlementaires, notamment issus du Rassemblement National (source : Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse – Ofalp).

A l’approche d’élections majeures, et alors que la désinformation et les “fake news” menacent gravement le débat public, le SNJ exhorte une nouvelle fois le gouvernement et les partis politiques à la responsabilité et au respect du droit. Le syndicat soutient les médias et professionnels de l’information visés par les propos haineux et les incitations à la violence, et les encourage à saisir la justice pour ne pas laisser ces agissements impunis. 

La sécurité des journalistes et plus largement, la liberté de la presse, sont des conditions indispensables au bon fonctionnement de notre démocratie.  

Syndicat national des journaliste (SNJ), Paris, le 30 septembre 2026

Chaque contribution publiée sur le média nous semble répondre aux critères élémentaires de respect des personnes et des communautés. Elle reflète l’opinion de son ou ses signataires, pas forcément celle du comité de lecture de Parallèle Sud.

110 vues

A propos de l'auteur

Kozé libre

Kozé libre est l’espace de libre expression du site. Des citoyen·ne·s, chercheur·se·s, militant·e·s, écrivain·e·s ou simples observateurs nous envoient leurs textes : nous les publions tels quels, avec leur signature en bas de l’article. Les propos tenus n’engagent que leurs auteurs.

Ajouter un commentaire

⚠︎ Cet espace d'échange mis à disposition de nos lectrices et lecteurs ne reflète pas l'avis du média mais ceux des commentateurs. Les commentaires doivent être respectueux des individus et de la loi. Tout commentaire ne respectant pas ceux-ci ne sera pas publié. Consultez nos conditions générales d'utilisation. Vous souhaitez signaler un commentaire abusif, cliquez ici.

Articles suggérés

S’abonnerFaire un donNewsletters
✕
Parallèle Sud

GRATUIT
VOIR