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À Saint-Leu, une case démolie oppose la mairie et les habitants de la Pointe au Sel au Conservatoire du littoral

Mercredi, une case encore habitée il y a une semaine a été partiellement démolie à la Pointe au Sel sur ordre du Conservatoire du littoral. Une opération stoppée après l’arrivée de Karim Juhoor et de la police municipale de Saint-Leu. Depuis, le maire dénonce un sentiment d’impunité du Conservatoire et les autres habitants de la Pointe au Sel craignent pour le sort de leur habitation.

Karim Juhoor n’en revient toujours pas. Lui qui a grandi dans le quartier de la Pointe au Sel et connaît son histoire le martèle : le Conservatoire du littoral a outrepassé ses droits pour asseoir son autorité.

Pour rappel, mercredi 8 juillet au matin, une case a été en partie démolie sur ordre du Conservatoire du littoral. Alerté par un voisin, Karim Juhoor, maire de Saint-Leu, s’était rapidement rendu sur place avec la police municipale pour stopper la destruction de la case de Jean-Louis Futol qui y habitait encore la semaine dernière. Le Saint-Leusien avait fini par partir, sous la menace de plus de 48 000 euros à payer au titre d’amendes et d’arriérés de loyer à payer selon les informations du Quotidien.

Ce jeudi 9 juillet, Karim Juhoor avait rédigé un arrêté avec effet immédiat sur l’arrêt des travaux de démolition.

Concernant d’éventuelles poursuites de la mairie contre le Conservatoire du littoral, le maire n’exclut rien et déclare que la question est étudiée.

Démolition sans permis ?

Interrogé, le Conservatoire du littoral est prudent dans sa communication et ne souhaite pas participer à la polémique. Le seul commentaire se résume en quelques phrases : « On n’a pas fait ça n’importe comment, on n’a pas mis la famille dehors. C’est le fruit de plusieurs années de négociations amiables avec l’occupant sur le terrain du Conservatoire. »

Pour Karim Juhoor, les propositions faites ne menaient les habitants que vers la sortie. « Il n’y a pas d’intérêt majeur sur ce territoire d’expulser les deux personnes à part pour asseoir une autorité » insiste-t-il.

Mais comment le Conservatoire du littoral a-t-il pu ordonner une démolition sans que le maire soit au courant ?

En rentrant à son bureau mercredi, Karim Juhoor avait présenté dans une vidéo Facebook un permis de démolir, aujourd’hui caduc, datant de 2012 sans avis coché validé comme un accord tacite. Le maire de l’époque, Thierry Robert, avait alors accusé dans une autre vidéo Facebook Karim Juhoor d’être au courant de la situation et de ne pas avoir agi à temps.

Le maire de Saint-Leu avait bien connaissance de l’avis d’expulsion des deux personnes vivant dans la case, mais selon lui, aucun permis de démolir n’a été adressé à la mairie rendant l’acte de démolition du Conservatoire hors-la-loi. « Ils ont outrepassé leurs droits et n’ont pas attendu que le permis de démolir soit instruit. On a discuté avec la responsable du Conservatoire du littoral dans mon bureau. Dans cette discussion, je lui ai dit : « Je suis contre ces démolitions et je suis pour qu’il y ait des choses qui se passent à l’amiable. » Les discussions étaient alors de bonne teneur. Je leur ai dit : s’ils ont de l’argent, avant de le mettre dans la démolition, allons mettre cet argent dans ce qui est utile pour les habitants, pour le village. »

Deux Saint-Leusiens sans solution

La mairie recherche actuellement des terrains à bas prix pour permettre aux deux Saint-Leusiens délogés de pouvoir reconstruire leur vie. Mais ce ne sont pas les seuls concernés, d’autres familles vivent à la Pointe au Sel. Pour eux, le maire dit se tenir vigilant face aux agissements du Conservatoire : « Maintenant, on connaît comment joue le Conservatoire. On prendra les mesures qu’il faut. Ce sera la loi avant tout, la loi. »

La préfecture et la sous-préfecture n’étaient pas au courant selon le maire de Saint-Leu et le Conservatoire aurait agi de sa propre initiative.

Texte : Léa Morineau

Image mise en avant : Facebook Philippe Futol

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A propos de l'auteur

Léa Morineau

Journaliste, étudiante à l'ILOI en alternance chez Parallèle Sud. Cocktail de douceur angevine et d'intensité réunionnaise, Léa Morineau a rejoint l'équipe de Parallèle Sud pour l'éducation aux médias et à l'information, elle s'est rapidement prise au jeu du journalisme. A travers ses articles, elle souhaite apporter le regard de sa génération et défendre un journalisme qui rayonne au-delà des apparences.

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