KWAFÉ ZORDI !
Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a condamné, dans un communiqué publié ce jeudi, les propos tenus par le maire de Saint-André à l’encontre des journalistes. C’est lors d’une conférence de presse consacrée à la validation de son compte de campagne que Joé Bédier a notamment lancé : « Redevenez intelligents », ou encore : « On ne remue pas toute la journée ce qui pue uniquement pour faire de l’audience. Continuez comme ça, n’élevez pas les gens et vous verrez ce qui se passera. »
Les propos de Joé Bédier adressés aux journalistes ne sont pas restés sans réponse. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a réagi dès le lendemain, condamnant fermement cette prise de parole du maire de Saint-André lors de sa conférence de presse consacrée à la validation de son compte de campagne. Dans son communiqué, le syndicat estime que l’élu a mis en cause « l’intégrité professionnelle » et « l’impartialité » des journalistes présents.
Les propos de Joé Bédier rapportés par le SNJ sont les suivants :
« Redevenez intelligents. […] Il faut que chacun d’entre nous prenne conscience qu’on ne remue pas toute la journée ce qui pue uniquement pour faire de l’audience. Continuez comme ça, n’élevez pas les gens et vous verrez ce qui se passera. […] Il y en a plein qui ont disparu. »
À travers ces mots, le SNJ voit une remise en cause de la déontologie journalistique, le maire laissant entendre que les médias traiteraient certains sujets « uniquement pour faire de l’audience ». Le syndicat relève également une forme d’intimidation à travers ces allusions à la disparition de médias. L’organisation syndicale estime qu’un élu « ne peut laisser planer de tels sous-entendus sur l’avenir de journalistes dont le seul tort est d’exercer leur métier ».
Selon le maire de Saint-André, les propos de ses adversaires ont été relayés « sans filtre ». Le SNJ rappelle alors que « rendre compte des positions de toutes les parties dans un dossier relève précisément du travail de tout journaliste ».
Le syndicat souligne par ailleurs qu’un élu est libre de « contester un article, de demander un droit de réponse ou d’apporter des éléments de contradiction ». En revanche, il estime qu’assimiler les questions des journalistes à un parti pris contribue à alimenter un climat de suspicion à l’égard de la presse. Nous, Parallèle Sud, qui allons régulièrement à la rencontre des élèves de collège et de lycée dans le cadre de séances d’éducation aux médias, sommes particulièrement sensibles à cette question. En effet, il n’est pas rare de constater que près de 3/4 de mains se lèvent à la question « qui n’a pas confiance en la presse ? ».
Etienne Satre





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