[Trail] Encore plus fou que la Diagonale : le Tor des Géants

tor des géants en Italie

ITALIE – VAL D’AOSTE

Notre Diagonale des Fous, tout le monde connaît ou presque, notre ultra trail est une référence mondiale dans le milieu. Et pourtant, il existe des trails encore bien plus fous !

Beaucoup se sont essayés au Grand Raid et savent qu’effectivement, la Diagonale des Fous porte parfaitement son nom ! Mais il existe dans le domaine des trails longs des épreuves encore bien plus longues et difficiles. Le Tor des Géants qui a eu lieu la semaine du 11 au 17 Septembre dans le Val d’Aoste en Italie fait partie des plus difficiles.

Imaginez : 330km et 24000 m de dénivelé positif ! Cet ultra-trail est deux fois plus long que notre Diagonale et le dénivelé positif plus que son double ! Autant dire que ce type de défi n’est pas à la portée du premier venu, et que sa préparation est particulièrement longue et pointue !

Ça monte et ça descend en permanence, certains trailers mettent un peu plus de six jours… Au-delà de l’effort physique, et du mental bien sûr, il faut gérer le sommeil, les inévitables petites blessures, les problèmes digestifs, et une équipe solide de suiveurs doit être mise en place. Comme au Grand Raid, … certains points de ravitaillements sont accessibles aux suiveurs et heureusement !

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la grande majorité des participants sont des vétérans : 40 ans et plus. Il semblerait qu’avec l’âge on se connaisse mieux, que l’endurance soit la première des compétences requises, la préparation, la connaissance de ses possibilités physiques et le mental faisant le reste. Quant aux paysages traversés, ils valent à eux seuls le détour…

De passage en métropole, nous avons rencontré Denis Bonnef, 66 ans, cinq grands raids à son actif, qui a accepté de partager son expérience sur cette épreuve hors normes. Denis explique qu’il a « commencé le trail tardivement (49 ans) ». L’objectif : « relever le défi de la Diagonale des Fous à laquelle l’un de mes amis avait participé. Depuis 2005, j’ai enchaîné de nombreux trails, et 19 ultra-trails. Cinq Diagonales des Fous (4 fois finisher), finisher à l’ultra trail du Mont Blanc, à la Transcanaria… »

« Kinésithérapeute pendant 40 ans, j’ai mis fin à ma carrière professionnelle en Octobre 2021. J’ai donc décidé de me lancer ce défi et ai eu la chance d’être tiré au sort. J’ai gardé une petite activité de coaching sportif et thérapeutique, mais l’essentiel de mon temps a été consacré à la préparation de ce défi. Préparation quasi parfaite je crois, avec quelques gros blocs d’entraînements, notamment de nuit, et une préparation mentale qui a constitué un vrai plus ». En effet, avec son préparateur Anthony, ils ont construit le programme d’entraînement, géré l’aspect alimentaire, organisé le suivi, programmé les plages de sommeil… Rien n’a été laissé au hasard.

Il a aussi fallu trouver des aides, des partenaires. Un long travail, mais une vraie réussite, avec des dons, des partenariats financiers privés, un site dédié animé par un spécialiste, alimenté régulièrement d’informations, de photos, de vidéos, et sur lequel les amis pouvaient suivre quasiment en direct son aventure.

« Je n’avais aucune prétention chronométrique, mon seul objectif était de terminer ce trail et donc de gérer les barrières horaires pour aller au bout. A l’arrivée, curieusement, peu de douleurs musculaires, seulement deux petits orteils en sang, et le manque de sommeil… J’ai dû dormir autour de six heures, c’est compliqué à gérer. Mais je suis très fier de ce que j’ai fait, et remercie ma compagne et mon équipe de suiveurs qui ont fait un travail remarquable. Cette performance, je la partage avec eux. Aujourd’hui, j’ai bien récupéré, mais j’ai encore du mal à dormir ! ».

Denis Bonnef, 66 ans.

Il n’y aura pas d’autre tentative sur ce type de format, c’était un défi qui dans tous les cas aurait été unique. Terminer ce Tor des Géants est à la fois un aboutissement et une certaine fierté. Denis explique que ses Diagonales et d’autres épreuves du même format ont constitué une préparation idéale à son projet. Il reviendra d’ailleurs sur la Diagonale lorsqu’il passera vétéran 4 (70 ans), c’est-à-dire en 2026 !

Le virus est là, Denis n’est pas le seul, ce petit papier donnera sans doute envie à l’un ou l’autre de nos traileurs ou traileuses locaux de se lancer dans ce type d’aventure. Parallèle Sud se fera alors un plaisir de suivre leur aventure.

Dominique BLUMBERGER

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