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La Gen-Z rebat les cartes du monde du travail

Depuis qu’elle est rentrée sur le marché de l’emploi, la Gen- Z fait couler de l’encre sur les réseaux et dans la presse. Elle est accusée d’être feignante ou présentée comme la génération qui va révolutionner le monde du travail, cette génération interroge. Nous sommes allés demander aux étudiants tamponnais leur vision sur leur future vie professionnelle pour voir si un changement s’opère bel et bien.

Sur les réseaux sociaux, une trend (*) met en scène des jeunes de la Gen-Z (personnes nées entre 1997 et 2012) rebelles et réfractaires à toute remarque de leur hiérarchie. Dans ces vidéos, les managers donnent des conseils pour améliorer le travail de leurs jeunes salariés et se heurtent au refus de toute critique par des jeunes qui ne supporterent plus aucune suggestion sur leur façon de travailler. On trouve aussi des conversations et des sketchs qui érigent la Gen-Z en défenseur des libertés individuelles et du droit du travail : refus total de faire des heures supplémentaires non payées, démission ou arrêt maladie en cas de refus de congés …

Sur les réseaux sociaux, le mot-clé Gen-Z répertorie des centaines de vidéos du type

Certains saluent cette Gen-Z qui ne se laisse plus marcher sur les pieds, quand d’autres la traitent de feignante et d’enfants gâtés. Dans tous les cas, plusieurs présagent un bouleversement du monde du travail à venir pour cette génération entre deux mondes. Au point même que des formations sont mises en place à destination des employeurs pour mieux comprendre cette génération.

Et pour cause, selon une étude menée par Ipsos sur un échantillon de 1000 jeunes de 18 à 25 ans, 86% des dirigeants perçoivent la Gen-Z comme différente de la génération d’avant.

French dreamer
Sur Tiktok, le french dreamer illustre la vie des livreurs, caissiers, chômeurs avec un ton satirique et où la seule issue au cauchemar est le suicide. Le french dream, expression popularisée sur le forum controversé 18-25 de jeuvideo.com désigne ironiquement le train-train de la classe moyenne avec un travail vide de sens, une vie de famille malheureuse, et un quotidien aliénant, tout cela saupoudré de références telles que le Renault Scénic, le repas du weekend au buffet asiatique à volonté et la maison de lotissement.

Dans l’attente des réponses des boites d’intérim et d’entreprises qui emploient beaucoup de jeunes, nous sommes allés rencontrer ces jeunes qui font la Gen-Z directement à la faculté du Tampon pour connaitre leurs aspirations dans le monde professionnel. Ce qui revient : argent, passion, temps libre et respect.

Étudiants dans les allées de l'université du Tampon.
Étudiants dans les allées de l’université du Tampon.

Mercredi, sur le campus du Tampon, Parallèle Sud a échangé avec des jeunes étudiants sur leur façon de percevoir leur vie professionnelle future. Pour la plupart, ils n’ont pas ou peu d’expérience pro mais ont déjà une idée sur l’équilibre qu’ils souhaitent obtenir entre leur vie personnelle et professionnelle.

L’étude d’IPSOS mentionne que 77% des chefs d’entreprises pensent que la Gen-Z est moins prête que ses aînés à faire parfois des heures supplémentaires qui ne sont pas payées, notre micro-trottoir le confirme.


Deux étudiants en première année de STAPS affirment qu’ « avant l’heure, ce n’est pas l’heure, et qu’après l’heure ce n’est plus l’heure. » Selon eux, il est important de respecter les horaires, surtout pour leur génération qu’il décrive comme éprise de liberté. Constat partagé par des étudiantes de science pour la santé qui estiment que la génération Z compte bien entériner le fait d’avoir plusieurs carrières au sein d’une même vie professionnelle. « On nous demande trop tôt de savoir ce qu’on veut faire, alors qu’à 18 ans on est plein d’incertitudes », expliquent-elles. Pour elles, pas de tabou, l’argent est une des choses les plus importantes dans la vie surtout dans le contexte économique actuel.


Tao, étudiant en génie civil, raconte qu’avant de se lancer dans ses études, il souhaitait devenir charpentier et plaçait ainsi la passion devant le gain d’argent dans son choix professionnel, avant de se rétracter pour viser un plus gros salaire afin de s’épanouir avec ses différents loisirs. Les deux étudiants en STAPS, eux, veulent s’investir à 100% dans leur travail et en être passionné. « Je ne veux pas juste travailler pour gagner de l’argent et survivre », assurent-ils.

Si tous ne partagent pas la même vision, aucun ne nous as fait part d’une envie d’avoir une brillante carrière à tout prix. Tous s’accordent pour ne pas sacrifier leur vie de famille au profit de leur parcours professionnel, ce qu’ont vécu plusieurs enfants de la génération X (personnes nées entre 1965 à 1980) dont 64 % d’entre eux considèrent que se distinguer professionnellement représente un véritable aboutissement selon un autre sondage IFOP.

Parmi tous les étudiants interrogés, le constat est clair : la Gen-Z est bien décidée à changer les règles. L’utilisation de l’IA (de manière raisonnée), la volonté d’être respecté en tant que salarié et personne avant tout, l’envie de tester plusieurs domaines, et le besoin de liberté devraient rebattre les cartes du marché du travail dans les prochaines années selon eux.  

Léa Morineau

(*) Une trend est une tendance née sur Tiktok qui est reprise et diffusée par des milliers d’utilisateurs.

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A propos de l'auteur

Léa Morineau

Journaliste, étudiante à l'ILOI en alternance chez Parallèle Sud. Cocktail de douceur angevine et d'intensité réunionnaise, Léa Morineau a rejoint l'équipe de Parallèle Sud pour l'éducation aux médias et à l'information, elle s'est rapidement prise au jeu du journalisme. A travers ses articles, elle souhaite apporter le regard de sa génération et défendre un journalisme qui rayonne au-delà des apparences.

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