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Requin juvénile de Manapany : qui veut le peau de M. Baillif ?

KOZÉ LIBRE

Je vous informe qu’en tant que Président de Vagues, je serai à mon tour convoqué en gendarmerie (de Saint-Joseph) le vendredi 14 août à 10h00, dans le cadre du relâcher vivant en pleine mer du requin juvénile coincé dans le bassin de baignade de Manapany les Bains, et que j’avais organisé le mercredi 11 février 2026 avec l’aide précieuse du Président du syndicat des pêcheurs artisans de la Réunion M. Jean-Bertrand Baillif.

Pour mémoire, le 10 février 2026, le directeur des affaires maritimes avait transmis à la mairie de Saint-Joseph les dispositions réglementaires suivantes :

« La réglementation de la pêche maritime de loisir recouvre bien l’hypothèse de relâche immédiate d’un poisson vivant après sa capture Article R921-83 – Code rural et de la pêche maritime – Légifrance 

La réglementation préfectorale en vigueur relative à la pêche maritime de loisir autorise la capture des poissons avec les équipements suivants :

– à l’aide d’une épuisette (sans mention des caractéristiques de cet engin),

– à l’aide de lignes (sans mention des caractéristiques de ces lignes).

L’usage de filets n’est pas autorisé.

La pêche sous-marine est également possible avec un engin spécifique de type « fusil-harpon », sous réserve :

– d’être âgé > 16 ans, 

– de se conformer aux dispositions prévues à l’Article R921-92 – Code rural et de la pêche maritime – Légifrance (il doit être en particulier être précisé que l’usage d’un équipement respiratoire par un pêcheur sous-marin est interdit).

Il peut également être indiqué que la réglementation n’envisage pas l’hypothèse d’une action d’accompagnement d’un poisson hors d’un espace fermé de type bassin ou équivalent si elle est mise en oeuvre sans équipement (mais nous ne sommes plus alors dans le cadre de la réglementation de la pêche, mais dans une action d’une autre nature). Rien ne s’y oppose donc a priori.

S’il est fait appel à des pêcheurs professionnels, d’emblée ou ultérieurement, des règles spécifiques s’appliquent et pourront être précisées le cas échéant. »

Autrement dit : on ne pouvait pas le sauver avec un filet, mais on pouvait le tuer avec un fusil harpon avant de le relâcher « vivant » en mer !

L’administration française dans toute sa splendeur……

Alors certes, les pêcheurs professionnels avaient utilisé un filet (filet réglementaire pour la pêche aux capucins). Mais il faut bien le dire : on marche sur la tête à la Réunion !!

Qui plus est, une chose m’interpelle dans nos convocations.

Si comme M. Baillif, les termes généraux sont globalement les mêmes :

  •  « [Vous êtes] convoqué,  en  qualité de témoin,  pour être entendu pour les nécessités d’une enquête judiciaire » (sic !).
  • « L’enquête judiciaire en cours porte sur une procédure établie par les agents de l’unité littorale des affaires maritimes de La Réunion pour les infractions relevées le mercredi 11 février 2026 sur la commune de MANAPANY LES BAINS (re-sic !), à savoir :

– pêche maritime sans autorisation,

– Pêche maritime avec un engin dont l’usage est interdit »

  • « Conformément à l’article L.178-8 du Code de I’Environnement, le fait, sans motif légitime, de ne pas déférer à la convocation à l’audition est constitutif de l’infraction d’obstacle aux fonctions prévues à l’article L.173-4 du Code de I’Environnement. »

Ce qui m’interpelle ce sont les motifs respectifs des convocations :

– en tant que suspect pour M. Baillif.

– en tant que témoin pour moi-même.

Alors effectivement, je n’étais « que » l’organisateur et M. Baillif (et deux de ses collègues) les pêcheurs qui ont manié le filet, mais deux questions se posent néanmoins : 

– quelqu’un dans l’administration veut-il la peau de M. Baillif ?

– et si oui, QUI ????

Didier Dérand, Président de Vagues

Photo mise en avant : Nicolas Huet (requin juvénile fléché)

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