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Le 7 septembre :  pour Lyhanna, pour nos enfants, pour que plus jamais le silence ne protège les agresseurs

KOZÉ LIBRE

Après la pause du mois d’août, la mobilisation reprend partout en France. Et à Saint-Pierre aussi.

Lundi 7 septembre à 18 heures, devant le Tribunal judiciaire de Saint-Pierre, le collectif Peau d’âme vous appelle à nous rejoindre.

Nous serons là pour Lyhanna.

Lyhanna avait 11 ans. Elle avait toute une vie devant elle. Elle n’a pas seulement été victime d’un homme. Elle a été victime de nos défaillances collectives.

Lorsqu’un enfant parle, il faut l’écouter. Lorsqu’un enfant alerte, il faut le protéger. Lorsqu’un agresseur est signalé, il faut agir.

Parce qu’après, il est trop tard.

Depuis #MeToo, les témoignages ont libéré une parole longtemps étouffée. Gisèle Pelicot a rappelé au monde une réalité insupportable : les violences sexuelles ne sont ni exceptionnelles, ni marginales. Elles traversent toutes les classes sociales, toutes les familles, tous les milieux.

Et pourtant, combien d’enfants et de femmes doivent encore parler avant d’être crus ?

Combien de plaintes doivent encore être déposées avant que l’on agisse ?

Combien de vies doivent encore être brisées avant que la protection devienne une véritable priorité politique et judiciaire ?

Nous ne voulons plus de discours.
Nous voulons des actes et des moyens pour la justice, pour les associations, des professionnels formés et une véritable prise en charge des victimes.
Et surtout, une protection réelle des enfants.

Des questionnaires doivent prochainement être proposés aux élèves, de la maternelle au lycée, afin de mieux repérer les enfants victimes de violences.

L’intention peut être légitime. Mais une question demeure essentielle :

  • Que se passera-t-il lorsqu’un enfant répondra « oui » ?

Qui l’écoutera ? Qui le croira ? Qui le protégera ? Qui l’accompagnera ?
Avec quels professionnels ? Avec quels moyens ?

Un questionnaire ne protège pas un enfant !

C’est la réponse qui suit qui peut le sauver.

Les enfants sont souvent enfermés dans des conflits de loyauté. Parler peut signifier pour eux trahir un parent, bouleverser leur famille, perdre leurs repères.

Alors oui : il faut leur donner la parole. Mais surtout, il faut être prêts à entendre ce qu’ils ont à dire et se donner les moyens de les accompagner dans le parcours judiciaire difficile et aléatoire.

Le Premier ministre a annoncé que la proposition de loi intégrale sur les violences faites aux femmes et aux enfants serait soumise au Parlement dès le début du mois d’octobre.il était temps !

Alors le Collectif Peau d’Ame, les bénévoles et citoyens, seront là pour rappeler que les mots doivent maintenant devenir des lois, des moyens et des protections.

Les droits des femmes n’ont jamais été offerts. Ils ont été conquis par celles et ceux qui ont refusé de se taire. Les droits des enfants sont encore à conquérir.

Le 7 septembre, nous ne manifesterons pas seulement pour dénoncer.

Nous manifesterons pour transformer notre colère en exigence. Notre douleur en combat. Notre indignation en action.

Pour Lyhanna. Pour toutes celles qui ne sont pas été entendues, pour toutes celles et ceux qui ne sont pas écoutés, qui parlent et qui sont ensuite traités de menteurs.

Pour tous ceux qui n’ont pas été protégés. Pour les enfants qui n’osent pas encore parler.

Et pour que demain, lorsqu’un enfant dira « j’ai peur », notre société sache enfin répondre : « Je te crois. Je t’écoute. Je te protège. »

Le silence n’est plus une option. L’action est nécessaire et la mobilisation indispensable.

Brigitte Hoarau

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