FSU SNUIPP BÉCHIR BEN HAMOUDA

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La FSU dénonce les suppressions de classes et prépare la mobilisation du 29 septembre

KWAFÉ ZORDI

Non, la rentrée des classes ne s’est pas bien passée selon la FSU qui relève que, pour la première fois de leur histoire, les écoles réunionnaises ont perdu des classes. Contre « les politiques d’austérité », la fédération syndicale appelle à manifester le 29 septembre prochain au sein de l’intersyncidale CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP.

« Tout va très bien Madame la marquise… mais il faut quand même que l’on vous dise… » Paraphrasant la célèbre chanson, Béchir Ben Hamouda, le co-secrétaire du syndicat des enseignants du premier degré, FSU-SNUipp à La Réunion, réfute les satisfecit gouvernementaux sur la rentrée scolaire.

Non, tout ne va pas bien, nous dit-il en recensant les points noirs de cette rentrée scolaire 2026-2027. « Pour la première année, 25 classes ont été fermées dans les écoles maternelles et primaires de La Réunion. Il faut y rajouter des transferts qui se sont opérés. Trois semaines après la rentrée, des professeurs ont été réaffectés ; ce qui s’est soldé par d’autres fermetures avec des élèves dispatchés dans d’autres classes. »

Lors de l’annonce de ces suppressions de postes, en début d’année, le rectorat avait fait valoir la diminution du nombre d’élèves, assurant que le nombre moyen d’élèves par classe resterait identique à celui de l’année précédente. Mais pour la FSU-SNUipp, ces moyennes masquent les conséquences locales des suppressions. Béchir Ben Hamouda cite le cas d’une école située en REP+, où des classes dédoublées prévues autour de douze élèves se retrouveraient, après un ajustement de rentrée, avec deux classes de 15 élèves et une de 16.

Des AESH désorientés, des Atsem en moins

« La baisse démographique devrait au contraire être utilisée pour réduire les effectifs, renforcer les dispositifs d’aide aux élèves en difficulté, notamment les Rased, et améliorer les conditions d’enseignement », commente le syndicaliste. Autre sujet soulevé par le syndicat : l’accompagnement des élèves en situation de handicap.

Cette rentrée est marquée par la transformation du système qui organisait jusqu’ici le travail des AESH, les accompagnants d’élèves en situation de handicap. Les PIAL, pôles inclusifs d’accompagnement localisés, sont progressivement remplacés ou réorganisés autour des nouveaux pôles d’appui à la scolarité, les PAS.

Selon Béchir Ben Hamouda, la transition manque cependant de lisibilité pour certains personnels. Des AESH ne sauraient plus clairement vers qui se tourner lorsqu’ils rencontrent une difficulté dans leur établissement et solliciteraient leur syndicat pour retrouver les coordonnées de leurs nouveaux interlocuteurs.

À ces réductions de moyens, directement liées à l’Éducation nationale, s’ajoute la division du nombre de contrats aidés Pec (Parcours emploi compétences). Ce dispositif soutenait le recrutement des Atsem. Toutes les communes n’ont pas fait l’effort de conserver une Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles). Dans la plupart d’entre elles, les « taties » ont disparu des classes de grande section.

Appel à manifester le 29 septembre

Bref, la FSU décrit une rentrée dégradée tant pour les enseignants que pour les enfants et leurs familles. Pour la fédération, ces difficultés ne sont pas propres à l’école. Elles s’inscrivent dans une inquiétude plus générale concernant les choix budgétaires préparés pour 2027. Dans un communiqué, la co-secrétaire départementale, Jocelyne Latchimy, redoute de nouvelles économies dans les services publics et refuse qu’elles soient supportées par les salariés, les agents publics, les retraités, les jeunes ou les ménages les plus précaires.

« La Réunion ne peut pas être le laboratoire permanent des politiques d’austérité, prévient-elle. Nous refusons que l’on demande toujours davantage à une population qui connaît déjà des difficultés sociales considérables. Cette rentrée doit donc être une rentrée de mobilisation. » L’appel dépasse très largement la seule FSU. Les huit organisations de la fonction publique — CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP — appellent ensemble à la grève et aux manifestations.

Les modalités de la journée restent encore à négocier entre organisations syndicales. Béchir Ben Hamouda fait partie de ceux qui proposent deux manifestations : une dans le Nord et l’autre dans le Sud. 

Franck Cellier

Photo mise en avant issue de la page Facebook du FSU SNUipp 974

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A propos de l'auteur

Franck Cellier

Journaliste d’investigation, Franck Cellier a passé trente ans de sa carrière au Quotidien de la Réunion après un court passage au journal Témoignages à ses débuts. Ses reportages l’ont amené dans l’ensemble des îles de l’océan Indien ainsi que dans tous les recoins de La Réunion. Il porte un regard critique et pointu sur la politique et la société réunionnaise. Très attaché à la liberté d’expression et à l’indépendance, il entend défendre avec force ces valeurs au sein d’un média engagé et solidaire, Parallèle Sud.

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