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Acte 2 des Gilets Jeunes : 300 manifestants mobilisés à Saint-Pierre, un dispositif policier renforcé

Samedi 24 octobre, environ 300 personnes ont battu le pavé à Saint-Pierre pour ce deuxième acte des Gilets Jeunes. Dans une ambiance festive, les revendications sociales se sont mêlées aux slogans anticoloniaux et aux critiques du groupe Bernard Hayot, tandis que les forces de l’ordre avaient nettement renforcé leur présence par rapport à la semaine précédente.

La mobilisation du samedi 24 octobre restait incertaine à La Réunion. Les annonces du président de la République concernant les restrictions imposées aux rassemblements, en dehors des manifestations syndicales, et le peu d’informations fiables circulant la veille sur les réseaux militants ne permettaient pas de savoir quelle ampleur prendrait ce deuxième acte des Gilets Jeunes. Un appel à se retrouver dès 6 heures devant les centres commerciaux appartenant au groupe Bernard Hayot avait notamment circulé. Mais au Carrefour de Canabady, à Saint-Pierre, aucun rassemblement ne se dessine à cette heure-là.

C’est finalement au rond-point dit « Macdo », comme la semaine précédente, que les manifestants se retrouvent. Sur le boulevard Banks, les voitures sont peu nombreuses. Les véhicules de gendarmerie, eux, se remarquent davantage. Au pied du quartier de Basse-Terre, deux camions et cinq voitures de la gendarmerie sont déjà présents contre aucune la semaine précédente. 

Au rond-point, une trentaine de personnes attendent. Le contraste avec le samedi 17 octobre est manifeste. Les discussions se poursuivent, mais la suite reste incertaine. Un homme brandit une pancarte sur laquelle on peut lire : « Macron, tu fais Führer ». D’autres manifestants arrivent progressivement, pancartes à la main.

De la mobilisation sociale aux slogans anticoloniaux

Après un temps d’hésitation, le groupe se met en mouvement. Au plus fort de la journée, il rassemblera environ 300 personnes. Les manifestants commencent par bloquer le rond-point en marchant, avant de prendre la direction de la zone commerciale de Canabady. Cette fois, la critique du groupe Bernard Hayot, déjà présente la semaine précédente, occupe une place particulièrement visible dans le cortège.

« GBH Dèor », « Colon déor » : les slogans se succèdent. Sur les pancartes, les revendications se diversifient : « Violence coloniale », « Plus de maloya, moins de Bardella », « Hitler Dèor ». Une autre fait référence à la ville de Trappes, frappée par un attentat terroriste la veille de la mobilisation.

Arrivés au rond-point qui dessert Carrefour et Decathlon, les manifestants décident d’en bloquer les accès. L’ambiance reste festive, comme lors du précédent rassemblement. Les automobilistes immobilisés se montrent majoritairement favorables au mouvement, même si certains expriment leur impatience.

C’est alors qu’un SUV blanc tente de forcer le passage. Deux manifestants se trouvent devant le véhicule lorsque son conducteur accélère. Dans le mouvement, le bras de l’un d’eux heurte le pare-brise, qui se brise.

La scène donne lieu à un échange tendu. Le conducteur affirme qu’il n’a ni forcé le passage ni tenté de renverser qui que ce soit. Face à lui, des manifestants consternés lui demandent de quitter les lieux. Présents au moment des faits, nous avons également récupéré une vidéo de l’incident. Celle-ci montre le véhicule avancer alors que deux personnes se trouvent devant lui, au contact de la carrosserie. Dans la foulée, le conducteur accélère et continue d’avancer.

L’incident ne met pas fin à la mobilisation. Le cortège repart, laissant derrière lui le conducteur face à son pare-brise endommagé. Le manifestant blessé à l’avant-bras reprend lui aussi la marche.

Une fanfare face aux renforts policiers

Le parcours se poursuit en direction du littoral, par la rue Luc Lorion, comme la semaine précédente. Une différence se fait toutefois remarquer : la présence policière est plus importante à proximité de certains lieux. À l’entrée du centre commercial de Canabady, quatre policiers filtrent les accès.

Pour le reste, le cortège poursuit sa route en musique, accompagné d’une fanfare et notamment d’un hymne qui marque le parcours : « À bas l’État policier ». Les manifestants dansent et prennent la parole. Aucun autre incident n’est constaté sur le parcours.

Cette ambiance contraste avec les annonces de violences relayées au cours de la semaine par les services de l’État. Elle invite aussi à distinguer le déroulement de la manifestation des événements survenus dans la nuit du 23 au 24 octobre. Dans un communiqué intitulé « Violences urbaines : bilan de la nuit », la préfecture de La Réunion fait état de « quelques feux de poubelles et de végétation recensés dans plusieurs secteurs de l’île ».

Olivier Ceccaldi

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A propos de l'auteur

Olivier Ceccaldi

Photojournaliste, Olivier a tout d'abord privilégié la photographie comme support pour informer notamment sur les réalités des personnes exilées face à la politique migratoire de l'Union européenne. Installé sur l'île de La Réunion depuis 2024, il travaille principalement sur les questions de société et de l'héritage.

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