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Vicky, réfugié sri-lankais : « Aujourd’hui, tout va bien, mes enfants vont à l’école et leur avenir sera super »

À 39 ans, Vicky vit avec sa femme et ses enfants dans le nord de l’île. Pourtant, avant d’arriver à La Réunion par la mer, le Sri-Lankais a beaucoup voyagé pour trouver une vie stable dans laquelle il pourrait fonder une famille. Sri Lanka, Malaisie, Indonésie, et enfin La Réunion, l’homme raconte son parcours et donne son avis sur les questions d’immigration.

Vicky Vinesh est un Sri-Lankais arrivé en 2019 par bateau avec sa fille et sa femme. Il a pu obtenir un titre de séjour — contrairement à la majorité des personnes qui ont fait le voyage — lui donnant le droit de travailler et d’envisager une reconstruction ici.

Vicky et sa famille
Vicky au centre de la photo, dans l’auberge catholique à ses 17ans au Sri Lanka

Tout au long de sa vie, Vicky a beaucoup voyagé. Jusqu’à ses 10 ans, il a été élevé par sa mère à Batticaloa, à l’est du Sri Lanka avant d’aller dans une auberge de jeunesse catholique. Vicky raconte qu’un couple allemand (qu’il considérait comme ses parents) passait régulièrement, pour lui apporter une aide financière et combler certains besoins. Il y travaillera et étudiera jusqu’à ses 18 ans puis partira en 2007 en Malaisie pour travailler dans une entreprise d’aluminium, être caissier ou fabriquer des colliers de fleurs (dits marley).

Il revient au pays en 2012 pendant 5 mois pour épouser Vije, et repart en Malaisie. En 2015, il part en Indonésie à la recherche d’un nouveau départ et se retrouve dans une association pour les réfugiés, avant de prendre la mer en 2019.

« Cette photo c’est quand j’étudiais, j’avais 17ans »

Aujourd’hui, l’immigré de 39 ans raconte :

Vous pouvez vous présenter ?

Bonjour, je suis Vicky, je suis Sri-Lankais. Je suis marié. Ma femme s’appelle Vije, j’ai deux enfants, Disniya, 13 ans, et Ashvin qui a 5 ans.

Pourquoi avez-vous quitté votre pays ?

Ça fait maintenant beaucoup d’années que j’ai quitté mon pays. Je suis resté en Malaisie 10 ans, après en Indonésie 4 ans, et maintenant déjà 7 ans ici à La Réunion. Je suis arrivé en bateau, j’ai fait le voyage depuis l’Indonésie. Ça m’a pris 17 jours.

Qu’est-ce que vous espériez en venant ici sur le sol français ?

Les choses ont changé depuis mon arrivée ici par rapport à ma vie d’avant. Je travaille, mes enfants vont à l’école, ils étudient bien, et leur avenir sera super.

Est-ce que vous pensez que dans 200 ans les questions d’immigration seront encore d’actualité ?

Si vous me demandez mon avis, je pense que oui. Ça continuera toujours.

Quand avez-vous vu votre pays pour la dernière fois ? Et qu’est-ce qui vous reste de là-bas ?

Ça fait 15 ans que j’ai quitté mon pays, et les objets que j’avais sont restés dans le bateau, je n’ai pas pu les reprendre.

C’était quoi le moment le plus difficile du voyage ?

C’était dans le bateau. Il y avait du vent, de la pluie, c’est très difficile et surtout très dangereux.

Qu’est-ce qui vous manque, et est-ce que vous vous sentez bien ici ?

Ma famille et mes amis me manquent. Je me sens bien ici. Je travaille, mes enfants travaillent bien à l’école, je suis bien ici.

En dehors de l’entretien, Vicky racontait son périple jusqu’ici. Il disait que le départ s’est fait de manière précipitée, et qu’il ne savait rien de La Réunion avant d’y accoster. Dans une interview accordée au Quotidien en 2020, il déclarait : « J’étais convaincu qu’on partait pour la Nouvelle-Zélande. » Il n’a pas eu le temps de dire au revoir à sa famille, et à certains de ses amis qui ne savent rien de son départ.

Parmi toutes les personnes présentes dans le bateau avec lui, peu ont eu le droit de rester. Vicky et sa femme s’estiment chanceux, et disent avoir fait le maximum dès les premiers jours pour être en règle. Il raconte avoir conservé de précieux papiers comme sa carte de réfugié en Malaisie et en Indonésie pour prouver son récit auprès des autorités. Il a obtenu un titre de séjour de 10 ans en 2020, qui lui permet de travailler dans un restaurant sur Saint-Denis mais surtout de se projeter ici, à La Réunion.

Sa fille Disniya maîtrise parfaitement le français et le tamoul, ce qui facilite également l’apprentissage pour Vicky et sa femme qui continuent de vouloir s’intégrer dans la société réunionnaise. Le week-end et sur son temps libre, Vicky réalise des colliers de fleurs pour des cérémonies tamoules. Un savoir-faire qu’il pratique depuis qu’il est jeune, et qu’il continue de mettre à contribution de la communauté tamoule ici.

Entretien : Etienne Satre

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A propos de l'auteur

Etienne Satre

Journaliste, Etienne Satre a rejoint l'équipe en janvier 2024 en tant qu'apprenti journaliste. Il étudie à l'Institut de l'image de l'océan indien (Iloi) basé au Port.

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