[Île Maurice] L’agroécologie financée

De gauche à droite : Géraldine d’Unienville (fondatrice du Vélo Vert), Margot Roux (agronome chez Le Vélo Vert), Vincent Degert (ambassadeur de l’UE), Isseyen Sannassy, (agronome chez le Vélo Vert) et Bruno Dubarry (président du Vélo Vert). (Photo Alexandre Karghoo)

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Le 28 septembre à Chamouny (sud de l’île Maurice), l’association Le Vélo Vert lançait officiellement la phase 3 du programme Emberoi*. Cette association vise à promouvoir l’agroécologie pour répondre « aux enjeux de sécurité nutritionnelle et de sécurité alimentaire », et à intégrer ces pratiques dans l’agriculture mauricienne. Le programme Emberoi a obtenu le financement pour sa troisième phase.

Guy Huet agriculteur bio
Photo d’illustration Parallèle Sud.

EMBEROI 3 succède aux phases une et deux débutées en 2016 et 2018 respectivement et déjà arrivées à terme. Ce troisième programme est soutenu par l’Union européenne à hauteur de 75% et le reste par la MCB et Eclosia, pour un budget total de 650 000 euros sur trois ans.  

Succédant à Géraldine d’Unienville à la présidence de l’ONG et nommé directeur du programme, Bruno Dubarry a expliqué en quoi consiste EMBEROI 3  : « Dans la création d’une académie en agroécologie, fruit d’un partenariat technique entre Le Vélo Vert, le FAREI et Forma’Terra de La Réunion. Le Regional Training Center (RTC) est notre partenaire pédagogique. Ce sont 125 agri-preneurs à former et quelque 700 personnes à sensibiliser. Il y a également la production de compost (1 200 tonnes), de semences, de fruits et légumes (360 tonnes) par la multiplication du nombre de micro-fermes, la documentation de protocoles adaptés, la révision de la charte de qualité du Vélo Vert et la redynamisation du réseau de distribution des produits agroécologiques. » 

Ainsi, la ferme agro-écologique aménagée à Chamouny (sud de l’île Maurice) permettra au Vélo Vert de développer de la connaissance transmise aux différents partenaires.  Il s’agit autant d’un lieu de production agricole que de formation, mais surtout de génération de connaissance agronomique (étude des problèmes posés par la pratique de l’agriculture), le but étant de favoriser l’adoption de pratiques agroécologiques dans l’agriculture se fondant sur des données empiriques. La pertinence de l’agroécologie est, selon Bruno Dubarry, l’atténuation de l’impact du changement climatique, l’autonomisation des élevages, ainsi que l’utilisation de la diversité pour accroître la résilience des cultures.
La phase 1 (2016-2018) concernait la conversion et formation de dix exploitations agricoles durant 18 mois avec le soutien du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité Alimentaire, du FAREI**, et de l’Herbarium. Les sponsors étaient la commission de l’Océan Indien et la MCB. La phase 2 (2018-2019) était le premier programme de coopération régionale en agriculture biologique qui comprenait aussi la formation et mise en relation de dix exploitations agricoles mauriciennes et réunionnaises durant 12 mois sous l’égide de Isolife, l’Ile de la Réunion et du FAREI et les sponsors étaient la Région Réunion, l’Union européenne et l’Ambassade de France à Maurice.

Alexandre Karghoo
du Journal des Archipels

*EMBEROI signifie Expansion en Maraîchage Biologique avec constitution d’une Expertise régionale océan Indien
**Le Food and agricultural research and extension institute (FAREI)

De gauche à droite sur la photo d’ouverture: Géraldine d’Unienville (fondatrice du Vélo Vert), Margot Roux (agronome chez Le Vélo Vert), Vincent Degert (ambassadeur de l’UE), Isseyen Sannassy, (agronome chez le Vélo Vert) et Bruno Dubarry (président du Vélo Vert). (Photo Alexandre Karghoo)

Le FAREI a pour mandat de mener des recherches appliquées et axées sur les agriculteurs pour le développement et de soutenir la communauté agricole pour la production de cultures non sucrières et de bétail par le biais de son service de vulgarisation. Doté d’un pool de professionnels, il est également chargé de mettre en œuvre les politiques gouvernementales, la diffusion des nouvelles technologies et la génération de revenus pour les agriculteurs en priorité. L’organisation veille également à ce que les agriculteurs soient habilités à maintenir la production vivrière toute l’année pour assurer un approvisionnement constant sur le marché local et réduire au maximum les importations…

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