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Lysiane Lock Koon fait de la matante un personnage endémique réunionnais

Ce samedi 23 mai Lysiane Lock Koon s’est produit sur la scène du Tèat des sables. Une production authentique d’une matante au cours de laquelle un cours de matantologue était mis a l’honneur, d’émotions et de rire. En première partie Sand, gagnante du Réunion Comedy Cast’ 6, montait sur les planches.

Lysiane Lock Koon, également surnommée « la matante » par son entourage, explique que cette figure parle énormément aux Réunionnais car : « tout le monde na une matante par ci par là », et une matante n’est même pas obligée de faire partie de la famille « une matante sé par lo kèr » confie Lysiane. 

Lysiane Lock Koon

Une matante, c’est quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche. Si elle veut parler, elle va parler, même si ça ne plaît pas. Pour Lysiane, ce personnage lui ressemble.

Ce qui accroche aussi le public, c’est ce côté matante qu’on a tous dans la tête. Mais aujourd’hui, la matante devient plus moderne. Elle prend le virage de la « nouvelle technologie » , elle peut faire cuire son cari au feu de bois et mettre des talons juste après. Ou même ne pas se faire belle du tout, parce qu’elle s’assume comme elle est, avec son âge et son expérience.

Sand, la daronne qui débarque en début de soirée

À travers « Matantissime », Lysiane aborde plusieurs thématiques autour de la vie d’une matante. 

Mais dans cette première partie, Sand débarque sur scène avec son humour qu’elle décrit comme « l’humour féminin vintage » et se qualifie de daronne.

Sand, En première partie du spectacle .

Alors que les réseaux sociaux se font encore le théâtre du débat sur « est-ce qu’un zoreil peut chanter du maloya ? », Sand se justifie malgré elle qu’elle est issue d’un père zoreil et d’une maman créole. Elle arrive et danse sur du maloya avant de lancer au public : «j’ai choisi ce morceau pour vous ».

Dans son show, elle rigole beaucoup sur les femmes ayant passé un certain âge, la ménopause, les examens médicaux ou encore sa peau blanche qui brûle au soleil « comme une friture.».

Mais si Sand est sur scène ce soir-là, ce n’est pas un hasard. Lysiane Lock Koon explique qu’elle aime mettre en lumière des artistes qu’elle suit depuis longtemps. Cela fait maintenant trois ans, qu’elle la suit. Cette invitation s’inscrit dans une volonté de montrer au public les nouveaux talents présents dans la vague actuelle de l’humour réunionnais.

Un spectacle aussi philosophique que drôle

Impossible de spoiler totalement son entrée sur scène, mais une chose est sûre : Lysiane Lock Koon arrive avec une énergie qui met directement la salle dans l’ambiance. Elle lance : « in matante, sé set i di toute sak un momon i di pas ».

Mais derrière l’humour, le spectacle porte aussi un vrai message. Celui de la place des femmes. Parce qu’une femme est souvent réduite à « la femme de », « la maman de » ou encore « la collègue de » .

Avant les réseaux sociaux, Lysiane avait déjà une vie artistique. Elle était déjà humoriste, déjà sur scène, avant même d’être connue comme « la maman de Benji ». Aujourd’hui encore, dans la rue, beaucoup l’appellent plus facilement « momon Benji » que par son prénom..

C’est finalement un petit coup de gueule qu’elle pousse aussi à travers son spectacle.

Je lui ai demandé quel regard elle aimerait que le public ait en sortant de « Matantissime ». Pour elle, il faut arrêter avec certains stéréotypes sur les femmes et l’âge. Elle explique qu’on compare souvent les femmes à des célébrités qui semblent parfaites physiquement, alors qu’en réalité les corps changent, fatiguent et vieillissent. Elle aimerait que les femmes puissent simplement assumer leur âge, leurs cheveux blancs, leur expérience et leur féminité sans avoir à répondre au regard des autres.

Quand je lui demande comment elle a découvert son envie de faire de la scène, elle raconte qu’enfant déjà, elle faisait rire ses cousins et sa famille pendant les repas. Puis l’aventure a réellement commencé lorsqu’un collègue lui a proposé d’aller voir la ligue d’improvisation avant qu’elle soit inscrite à un casting d’humoristes réunionnais.

À travers ce spectacle, le public passe du rire à l’émotion. Lysiane rappelle aussi quelque chose d’important : l’humour ne se vit pas seulement derrière un écran. Avant le spectacle, elle me disait au téléphone :« les vidéos c’est bien, mais un spectacle vivant avec quelqu’un qui partage des messages face à un public, c’est totalement différent ».

Lysiane Lock Koon qui prends une photo avec son public

Et justement, pendant plus d’une heure, « Matantissime » réussit à faire rire tout en parlant de sujets très humains, entre famille, femmes, âge, enfants et regard des autres et de soi .

Anne-Sophie Clain

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A propos de l'auteur

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Article rédigé par un.e stagiaire dans le cadre de sa formation.
Il/elle apporte un regard neuf et permet à de jeunes talents de mettre en pratique leurs compétences.
Chaque texte fait l’objet d’une relecture et d’une supervision par un journaliste de l’équipe éditoriale.

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