Les militants d’Extinction Rebellion barbouillent les publicités illégales

[IMMERSION]

Il est cinq heures, le couvre-feu est levé. Dans les rues de Saint-Leu, la circulation est déjà importante, marché du samedi matin. Le 8 janvier dernier, avant l’aube, les militants d’Extinction Rebellion étaient déjà à l’ouvrage. Une trentaine de panneaux publicitaires « illégaux » seront dénoncés d’une croix rouge.

« La publicité concourt au réchauffement climatique, justifie Adrien, l’un des peintres d’occasion. En effet, elle incite à la surconsommation, à dépenser pour des produits le plus souvent inutiles, qui viennent de loin, trop gras et trop sucrés quand il s’agit d’alimentaire. » Il est vrai que l’on a rarement vu des quatre par trois vanter du céleri nature, ni aucun autre légume cru.

Un pot de peinture, un rouleau accroché à une longue perche, un escabeau, c’est tout ce dont ont besoin les militants. Ils sont une dizaine dans la rue principale, la rue du Général-Lambert, à s’activer avant la levée du jour.

« Le préfet refuse de faire appliquer la loi »

« Ces panneaux ont été dénoncés au préfet par l’association Paysages de France depuis le mois d’avril 2021 comme contrevenant à la loi. Le représentant de l’Etat ne fait rien contre ces manquements à la règlementation, peut-être réagira-t-il après notre action », espère Adrien. Pourtant, une relance en juillet, une seconde en septembre, auraient pu alerter le représentant de l’Etat. Un dossier détaillé avec 70 panneaux publicitaires jugés hors la loi sur la seule commune de Saint-Leu, leur position précise, en quoi ils sont illégaux, a été transmis.

« Il semble évident que le préfet refuse de faire appliquer la loi, mission pour laquelle il a été nommé sur l’île. Par cette action il se rend complice d’inaction climatique et endosse une lourde responsabilité », poursuit Adrien qui dénonce une inaction de l’Etat partout en France. « Il n’est plus rare que le ministre de l’Ecologie lui-même s’oppose aux décisions de justice ordonnant le démontage des publicités illégales en faisant appel des décisions des tribunaux administratifs. François De Rugy, Elisabeth Borne et Barbara Pompili, trois ministres de l’Ecologie sous Emmanuel Macon ont, depuis leurs prises de fonction, systématiquement tenté de faire annuler des jugements ordonnant а l’Etat de faire respecter le Code de l’environnement en matière d’affichage publicitaire. »

JPP

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