[Musique] Le PRMA vers de nouveaux horizons musicaux

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PÔLE RÉGIONAL DES MUSIQUES ACTUELLES

Il y a quelques mois, le PRMA (Pôle régional des musiques actuelles) a changé de président. Paul Mazaka veut élargir le champ d’action de l’association.

Paul Mazaka président du PRMA
Paul Mazaka est le nouveau président du PRMA

Depuis 1997, le Pôle régional des musiques actuelles (PRMA) vise à promouvoir la musique réunionnaise. Dans sa partie patrimoniale — on lui doit le label Takamba et la révélation d’Alain Peters par exemple — mais surtout pour aider à la professionnalisation des musiciens et techniciens. C’est ainsi que, quelques années plus tard, tous ces gens-là peuvent prétendre au statut d’intermittents du spectacle.

Au gré des évolutions politiques au conseil régional, l’association change de président, parfois de direction. Mais dans la continuité de l’action, sans que le travail des prédécesseurs ne soit remis en cause, en tout cas en interne. C’est ainsi que, depuis le mois de juin dernier, Paul Mazaka a remplacé Jacques Dambreville à la présidence.

Orchestre de bals

« Nous sommes au service des acteurs de la musique. A nous d’aller vers eux, de respecter leur liberté. Il nous faut ne pas reproduire un cadre et un formatage venu d’ailleurs. C’est quand on applique ici les méthodes d’ailleurs que naissent les ressentiments », commence Paul Mazaka. 

L’homme, à 76 ans, jouit d’une grande expérience dans le domaine. Musicien d’orchestre de bals avec Gaby Laï-Kun et les Soulmen, de jazz, de guitare classique qu’il enseigne pendant 20 ans à la MJC de Château-Morange, il se fait organisateur de concerts, crée un festival de jazz, fait venir Touré Kounda qui attirera en 1985 22 000 spectateurs, Eddy Louis, DD Bridgewater… « On invitait des journalistes et des directeurs de festivals, ça a mené à la participation des Réunionnais aux Découvertes du Printemps de Bourges. » 

Danyel Waro au Japon

En 1984, Danyel Waro, le Roi Kaf et TiFock jouent au festival des musiques métisses d’Angoulême. Puis Paul Mazaka devient tourneur et emmène Danyel Waro ou Granmoun Lélé au Japon où Danyel voit son portrait affiché sur un mur d’immeuble et Granmoun Lélé se fait baiser les pieds par une star de percussion brésilienne; le début de la reconnaissance de la musique réunionnaise à l’international, avant de devenir des prophètes en leur pays.

Il sera ensuite directeur culturel au conseil général, directeur des affaires culturelles en Nouvelle Calédonie, travaille au cabinet du maire de Saint-Denis avant de terminer sa carrière professionnelle au Port, à la direction du service culture.

C’est donc plein d’idées et d’expérience que Paul Mazaka prend la présidence du PRMA. « La semaine dernière, nous avons organisé un séminaire avec les diffuseurs et les artistes. Parmi les griefs entendus, l’impression de ne pas bénéficier de nos services pour beaucoup. A l’image de Kaz Kabar, certains sortent des structures institutionnelles. Il font des choses, il faut les considérer, les aider sans dénaturer leur fonctionnement », remarque le président du PRMA. 

Tournée Générale

« Nous sommes au service des acteurs de la musique. A nous d’aller vers eux », poursuit Paul Mazaka, évoquant les groupes qui fleurissent partout dans les Hauts, et qui n’ont comme seule perspective de carrière que d’attendre de jouer sur un podium municipal. 

En attendant, le PRMA participe aux programmations dans les bars culturels via le dispositif Tournée Générale. « Nous veillons à l’accueil des artistes, au matériel mis à leur disposition, à si on leur fournit un repas, en échange d’une participation de 118 euros par cachet à condition que les artistes soient payés au moins 60 euros chacun. Nous allons créer un label pour différencier les programmateurs qui se comportent le mieux », explique-t-il. Grâce au PRMA, 1 500 cachets ont été signés en 2022. « Mais les salaires sont insuffisants, ils n’ont pas bougé depuis dix ans. » 

Au delà des hauts de La Réunion, le PRMA veut aussi élargir son action vers les autres pays de l’océan Indien. Mais aussi organiser des formations pour les métiers annexes de la musique, les managers, les techniciens, les producteurs… « On améliore ce qui existe, on explore de nouvelles directions », se projette Paul Mazaka, pour qui la culture a un rôle indispensable dans la société, « au même titre que la santé ». « Nous allons aussi nous intéresser aux écoles de musique; leurs élèves seront a minima nos spectateurs de demain. »  Outre Tournée Générale, le PRMA aide les artistes à la mobilité et à la réalisation de clips. 

Philippe Nanpon

A propos de l'auteur

Philippe Nanpon

Déménageur, béqueur d'clé dans le bâtiment, chauffeur de presse, pompiste, clown publicitaire à roller, après avoir suivi des études d’agriculture, puis journaliste depuis un tiers de siècle, Philippe Nanpon est également épris de culture, d’écologie et de bonne humeur. Il a rejoint l’équipe de Parallèle Sud pour partager à la fois son regard sur La Réunion et son engagement pour une société plus juste et équitable.

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