KWAFÉ ZORDI !
Cette année, le 1ᵉʳ mai prend une dimension particulière alors que le gouvernement souhaitait rouvrir la possibilité de faire travailler certains salariés durant cette journée historiquement chômée. Une décision qui intervient également dans un contexte de nouvelle hausse attendue des prix des carburants, source d’inquiétude pour les travailleurs et les organisations syndicales.
Cette année, l’intersyndicale a choisi le Port
L’intersyndicale se mobilise pour cette journée du 1ᵉʳ mai et appelle à une manifestation au départ du Kabardock, au Port, à partir de 9 heures. Dans un tract publié par l’intersyndicale, les organisations demandent le blocage des prix des carburants au même montant que celui du mois de mars 2026, un cadre de travail décent respectant les droits et l’égalité entre les travailleurs et travailleuses, ainsi qu’un plan de création de 100 000 emplois pérennes et une augmentation générale des salaires. Dans un élan d’internationalisme, elles réclament également un cessez-le-feu immédiat à Gaza, en Iran et dans tous les territoires en guerre.
Alors que chaque année, les manifestations de l’intersyndicale se déroulent habituellement à Saint-Denis ou à Saint-Pierre, cette fois-ci, le choix s’est porté sur la ville du Port, un lieu choisi pour sa portée symbolique selon la FSU 974 : « On a choisi Le Port parce que c’est un lieu chargé d’histoire sociale à La Réunion. C’est là que se sont menées des luttes importantes, notamment celles des dockers. Partir de ce centre historique du syndicalisme et terminer sur l’avenue Ivan Hoareau, c’est aussi rendre hommage à ces combats et à ceux qui les ont portés. » L’organisation précise que ce choix n’a aucun lien avec la présence de la S.R.P.P, implantée au Port, malgré son rôle important dans l’approvisionnement en pétrole sur l’île et dans le contexte actuel autour des prix des carburants.
1er mai Journée chômée : une déception pour les entreprises artisanales de l’alimentaire et une décision qui déplaît au RN
Au niveau national, une première proposition de loi visant à préciser quels commerces et établissements de certains secteurs pouvaient faire travailler leurs salariés le 1ᵉʳ mai avait été rejetée en première lecture par l’Assemblée nationale le 10 avril 2026. Le 17 avril 2026, le Premier ministre a finalement annoncé que seuls les boulangers et fleuristes artisanaux pourraient travailler le 1ᵉʳ mai, avec une rémunération doublée pour les salariés volontaires.
Cette décision a provoqué la déception de plusieurs entreprises artisanales de l’alimentaire. Dans un communiqué publié le 17 avril 2026, la C.F.B.C.T (Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs) ainsi que l’Opef (Organisation des poissonniers écaillers de France) estiment que « le gouvernement a manqué de courage, plutôt que de clarifier la situation, il a préféré le désordre ».
Les deux organisations expliquent également que cette interdiction pénalise les salariés volontaires qui souhaitent travailler le 1ᵉʳ mai afin de bénéficier d’une rémunération doublée. De son côté, Jean-Hugues Ratenon, député de La Réunion, a publié un communiqué le 16 avril, en réponse aux propos de Jean-Jacques Morel, délégué départemental du RN, qui estimait que certaines mesures étaient évidentes à prendre au regard de la situation agricole sur l’île.
Dans ce contexte, Jean-Hugues Rateront estime que « la période de vaches maigres et les mois difficiles ne sont pas dus à un manque d’heures ou de jours de travail, mais bien au résultat d’une mauvaise répartition des richesses, orchestrée par les multinationales et les plus riches, au détriment des salariés, mais aussi des petits chefs d’entreprise ».
Cette année donc, que ce soit au niveau national ou à La Réunion, la mobilisation des travailleurs est plus que nécessaire pour rappeler toute la symbolique de cette journée chômée.
La rédaction de Parallèle Sud

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