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« Ce Marshé Fanm Ansanm, c’est pour aider à rendre visibles les femmes entrepreneuses »

Soutenir les femmes et leurs projets professionnels en Afrique et dans l’océan Indien, voilà la mission que se sont donnée Klara et Sylvette Annibal. Samedi 25 juillet, elles organisent avec leur association ADB, comme Afrodiaspora Bridge, une journée dans les hauts de Saint-Paul où les femmes réunionnaises viennent exposer leur travail et leur savoir-faire.

Klara et Sylvette Annibal organisent samedi 25 juillet une journée pour mettre en valeur le travail des femmes réunionnaises.

Une Réunionnaise a créé une ONG internationale, Afrodiaspora Bridge (ADB), pour aider les femmes africaines, puis de l’océan Indien, à créer leurs entreprises. Ici, le Marshé Fanm Ansanm, samedi 25 juillet, accueilli gracieusement par l’Université Zarboutan et François Tibère, vise à mettre en valeur « des exposantes passionnées », des « saveurs et talents de notre région », souligne Sylvette Annibal. Pour soi ou pour offrir, on va y découvrir des produits locaux et artisanaux, des créations originales, des cosmétiques naturels, des vêtements et accessoires, des livres et des jeux, et bien sûr des gourmandises à déguster, tout cela proposé par des femmes. À titre d’exemples, Kfrine Style réalise des tresses, des créatrices exposeront des vêtements de différentes inspirations, du streetwear au style afro, du crochet au plus classique.

On pourra aussi y rencontrer une fonnkezez, Bernadette, ou une créatrice de théâtres en papier inspirés des contes et légendes afro-créoles.

Vers d’autres cieux

ADB, qui organise l’événement, tiendra également un stand pour présenter ses actions. L’idée de cette association (ou organisation non gouvernementale) est née dans l’esprit de Klara Annibal. La Portoise d’origine, sage-femme, a travaillé quelque temps à La Réunion et à Mayotte, mais vite lassée de la condescendance des zoreils, le manque de confiance du personnel médical envers une afrodescendante et les mesquineries créoles, elle prend son envol vers d’autres cieux, là où elle pourra se sentir utile. Elle a habité en France, en Belgique, en Angleterre et maintenant en Guyane. Motivée par une approche de son métier plus sociale que mercantile, elle a toujours eu à cœur de s’occuper des laissées pour compte de la société, les femmes afro-descendantes et africaines. Elle s’est installée quelque temps à Baltimore aux États-Unis au service d’une population déshéritée, elle a aussi pratiqué et enseigné en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire. C’est là qu’elle a réalisé qu’elle pouvait faire plus qu’aider les femmes à enfanter.

« L’une d’elles voulait ouvrir une clinique, d’autres créer une activité, mais toutes se heurtaient à la frilosité bancaire et n’arrivaient pas à financer leurs projets », raconte Klara Annibal qui se dit « marquée par cette situation ». La jeune femme comprend qu’elle peut aider, grâce à des amitiés qu’elle a nouées aux quatre coins du monde. « Un ami ivoirien dans le business du cacao qui vit en Italie, un autre au Sierra Leone spécialiste de l’évaluation de projets, ma sœur Sylvette Annibal installée à Paris s’occupera de la communication, des ressources humaines et du marketing » seront parmi d’autres des aides précieuses à l’ambition de Klara Annibal. 

Bénéficiaires en Afrique

« Nous travaillons sans subvention et ne sélectionnons que des projets qui semblent viables, sans risques pour les investisseurs », indique-t-elle, expliquant qu’elle fait le pont entre les investisseurs en Europe ou aux USA et les bénéficiaires en Afrique ou dans les pays de l’océan Indien, Réunion comprise. L’activité a été lancée à l’occasion de la Journée de la Femme l’an dernier et aide déjà trois Africaines, deux en Côte d’Ivoire et une au Congo via une plate-forme internet. Vingt-cinq autres bénéficient du soutien d’Afrodiaspora Bridge dans la région Océan Indien, à Mayotte, à Madagascar et ici à La Réunion. 

« Ce Marshé Fanm Ansanm, c’est pour aider à rendre visibles les femmes entrepreneuses, le savoir-faire local, dire que nous aussi on peut le faire. » Nou lé Kapab en somme, et, pour faire le lien avec le débat qui agite La Réunion, ça fait bien longtemps que Klara Annibal « li la prend’ son plass ». Elle veut maintenant la donner à d’autres.

Philippe Nanpon

Marshé Fanm Ansanm, samedi 25 juillet (la journée du 24 est annulée à cause du passage d’un rallye, ou quand l’amusement de quelques-uns importe plus que s’entraide et l’activité économique) sur le site de l’Université Zarboutan, 519 chemin Féoga n°2, Petite-France Saint-Paul. Entrée libre.

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A propos de l'auteur

Philippe Nanpon

Reporter citoyen. Déménageur, béqueur d'clé dans le bâtiment, chauffeur de presse, pompiste, clown publicitaire à roller, après avoir suivi des études d’agriculture, puis journaliste depuis un tiers de siècle, Philippe Nanpon est également épris de culture, d’écologie et de bonne humeur. Il a rejoint l’équipe de Parallèle Sud en tant que journaliste pour partager à la fois son regard sur La Réunion et son engagement pour une société plus juste et équitable. Depuis son départ à la retraite, il continue à contribuer bénévolement au média.

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