KWAFÉ ZORDI !
Suite aux conclusions du rapporteur public préconisant l’annulation de son élection à Saint-André, le maire Joé Bédier réagit au micro de Parallèle Sud. Il indique prendre acte de cet avis, qui relève notamment une irrégularité liée à une émission consacrée à Saint-André et diffusée sur Antenne Réunion. Le maire explique vouloir prendre le temps d’échanger avec ses équipes avant de déterminer la stratégie à adopter pour la suite.
Ce matin, au tribunal administratif, s’est tenue une audience opposant les frères Virapoullé, tous deux candidats aux dernières élections municipales en mars dernier, à Joé Bédier, le maire élu. Dans le dossier, plusieurs reproches sont faits à ce dernier, mais un a retenu l’attention du rapporteur public, qui préconise alors l’annulation de l’élection : la diffusion d’une émission sur Antenne Réunion qui constitue, selon le camp Virapoullé, une communication à vocation électorale favorable à Joé Bédier.
Sur le volet financier, le coût de cette émission, estimé à 60 000 euros, pourrait également remettre en cause son compte de campagne. Si le tribunal ne retenait finalement que ce volet financier dans sa décision attendue le 1er octobre, l’élection ne serait pas annulée, mais le compte de campagne de Joé Bédier pourrait être rejeté, avec des conséquences financières pour le maire élu.
De son côté, Joé Bédier exprime, quelques heures après l’audience, au micro de Parallèle Sud, son état d’esprit face à cette préconisation qui pourrait venir perturber le début de son deuxième mandat.
« Neuf fois sur dix, on suit ce que demande le rapporteur. […] Je travaillerai avec mon staff pour décider si on va au Conseil d’État. La décision sera rendue jeudi prochain, et à partir de là, on aura un mois pour faire le recours au Conseil d’État. Nous, on considère que cette émission qui a été diffusée, il y a beaucoup de communes qui l’ont diffusée jusqu’au premier tour. Il y a Le Tampon, Saint-Joseph ou Saint-Denis, mais c’est vrai qu’eux n’ont pas eu ce recours, tandis que nous, ce recours a été suivi par le rapporteur.
Le message que je voudrais adresser (aux Saint-Andréens), c’est que je suis au travail, et que ce travail doit continuer quoi qu’il arrive. »
Quand on lui pose la question de son absence ce matin au tribunal administratif, le maire répond : « Ça ne me coûtait rien de venir, mais mon avocat m’a dit qu’il ne faut pas politiser ce genre d’événement. On m’a dit : pas de militants, car les magistrats n’aiment pas ça. » En revanche, le camp Virapoullé, lui, était venu en nombre. Joé Bédier ira même jusqu’à dire « que la salle était pleine avec leurs militants ».
Au JT sur Réunion La 1ère ce midi, on pouvait entendre Laurent Virapoullé, en plateau, exprimer sa satisfaction. « Cet avis n’est pas surprenant. Chacun peut comprendre que pendant la période de réserve, le maire en place ne peut pas dépenser 60 000 euros d’argent public pour payer une émission qui est à la gloire de son programme, de son projet, et qui finalement est une propagande électorale. »
En cas de nouvelle élection, le candidat perdant laisse entendre qu’une liste commune pourrait être faite avec son frère Jean-Marie, lui aussi candidat en mars, pour avoir un maximum de chances de l’emporter. Selon lui, l’appui du Rassemblement national serait le bienvenu. « Si le Rassemblement national veut nous soutenir, nous regarderons ça avec bienveillance », déclare-t-il.
Alors, est-ce que l’extrême droite est aux portes d’une deuxième commune sur l’île ? Est-ce qu’en cas de décision favorable à une réélection, Joé Bédier ira jusqu’au Conseil d’État ? Est-ce que le tribunal décidera de ne pas annuler l’élection ? Réponse le jeudi 1er octobre.
Etienne Satre



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