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La Réunion à Sciences Po : 7 Réunionnais prêts à s’envoler

Ce mercredi, La Région organisait une réception pour féliciter 7 bacheliers locaux admis à Sciences Po dans l’Hexagone. Paris, Dijon, Menton et Reims, tous sont prêts pour rejoindre ces écoles de prestige et réaliser leur rêve. Étaient présents Huguette Bello, la présidente de Région, Guillaume Govindin Ramassamy, qui représentait l’association Alumni Section Sciences Po Réunion, Michel Muller, le conseiller du Recteur, ainsi que des chefs d’établissement, les 7 élèves à l’honneur et leur famille.

L’hôtel de Région accueillait ce mercredi les 7 étudiants qui représenteront La Réunion à Sciences Po l’année prochaine. Une fierté que la présidente de Région a soulignée au long d’un discours, suivi de celui de Michel Muller, conseiller du Recteur, puis de Guillaume Govindin Ramassamy, qui œuvre avec son association pour ouvrir les portes de Sciences Po à un maximum de Réunionnais. Photos, cadeaux, cocktail et félicitations, c’était l’occasion de célébrer le travail fourni par les 7 étudiants de l’île mais aussi celui des équipes éducatives et des familles, comme le souligne Huguette Bello en interview un peu après.

« C’est l’occasion pour nous de dire combien les jeunes Réunionnais réussissent. Nous rendons grâce aussi à un travail extraordinaire qui a été fait par les équipes pédagogiques, par l’académie, l’accompagnement des familles. […] Nous avons besoin de ces personnes qui ont ce diplôme pour diriger La Réunion, administrer les collectivités, pour administrer le pays ! »

La présidente de Région continue ses propos pour glisser un tacle, finement amené, au lendemain de la condamnation et de l’annonce de candidature de Marine Le Pen. « Peut-être que parmi ces personnes qui sont aujourd’hui accompagnées, nous aurons pourquoi pas un président de la République, un bon président de la République, qui ne soit pas lui-même avec beaucoup de problèmes comme un certain nombre d’entre eux qui se présentent aujourd’hui à la présidence de la République. »

Favoriser la réussite

Autour des élèves, plusieurs acteurs favorisent la réussite comme l’association que Guillaume Govindin Ramassamy préside. Alumni Section Sciences Po Réunion intervient dans les 7 établissements conventionnés (plus 3 dans l’Est l’année prochaine) pour préparer les élèves au concours et aux oraux de Sciences Po. Un travail que Guillaume, lui-même ancien élève dans cette école de prestige, fournit pour donner plus de chances aux étudiants réunionnais : « Notre objectif, c’est d’accompagner les étudiants qui souhaitent intégrer Sciences Po Paris. En fonction de la localisation, on envoie un, deux ou trois alumni qui interviennent dans les établissements conventionnés, qui dispensent des conseils, qui accompagnent les jeunes et leur font passer des oraux blancs de façon à ce qu’ils soient le plus à même de réussir l’admission en première année. »

L’ancien élève à Sciences Po explique que chaque année, c’est entre 5 et une dizaine d’élèves qui sont admis dans ce cursus. Pour lui, c’est une voie d’excellence qu’il faut continuer de démocratiser. « Je travaille en collectivité aujourd’hui, quand je rencontre les jeunes, je vois à quel point il faut leur passer le message, leur montrer qu’il y a des exemples de réussite, qu’il n’y a pas uniquement les filières classiques d’enseignement. Il y a aussi les grandes écoles pour ensuite prétendre à des postes à responsabilité, notamment sur le territoire. C’est dans cette logique vertueuse que notre association veut s’inscrire. »

Guillaume Govindin Ramassamy et une élève admise à Sciences Po

Les établissements conventionnés (Conventions d’Éducation Prioritaire) sont généralement en zone d’éducation prioritaire. Ce sont des lycées qui offrent aux élèves volontaires la possibilité de suivre des cours complémentaires le mercredi après-midi et le samedi. Ces enseignements visent à approfondir leurs connaissances et à leur apporter des compétences et des notions qui vont au-delà de celles proposées dans le cursus scolaire classique. Culture générale, lecture de la presse, systèmes politiques ou encore des cours sur la monnaie. Ce système est financé par Sciences Po lui-même ainsi que par l’État. Michel Muller, conseiller du Recteur, souligne et soutient l’importance de ce dispositif qui « permet de se présenter au concours et de le réussir ».

Rentrée 2026

Les futurs étudiants à Sciences Po étaient là, donc Parallèle Sud en a profité pour leur donner la parole.

Elyas Jourdain, qui part à Sciences Po Paris

« Je compte travailler plus tard soit dans la fonction publique, dans l’administration ou alors dans la finance. J’ai pas encore vraiment décidé actuellement où est-ce que je voudrais travailler mais je compte bien, au fur et à mesure de mes études à Paris, notamment les trois premières années, pouvoir me décider grâce aux cours, conseils et aux expériences que je vais vivre là-bas. J’ai découvert l’existence de cette école grâce à mon grand frère qui me disait que je pourrais y aller, que ça m’irait bien. Je me suis renseigné et à partir de la seconde j’ai rejoint un établissement qui était en collaboration avec Sciences Po. J’ai pu faire un atelier qui m’a bien préparé au concours chaque mercredi après-midi. Je pense que le plus important, c’est d’avoir confiance en soi parce que c’est vraiment ça que le jury regarde. C’est des élèves qui sont sûrs d’eux, qui savent où est-ce qu’ils mettent les pieds et pas forcément les meilleurs des meilleurs, mais en tout cas des élèves qui sont droits dans leurs bottes et qui s’engagent dans cette voie avec l’esprit clair. »

Rachel Estelle du lycée Sarda Garriga, qui s’envole vers Menton

« Disons qu’au début je connaissais pas vraiment Sciences Po, j’en ai entendu parler grâce à une réunion qui est organisée chaque année au lycée. J’avais jamais envisagé d’intégrer une filière sélective mais ça s’est présenté comme une chance. Je me suis dit « je vais sauter sur l’occasion » vu que ça se représentera plus. J’ai pas d’idée de métier précise. Disons qu’actuellement c’est plus dans l’optique d’explorer et je pense que plus tard je saurai. Bien sûr il y a une appréhension, c’est l’inconnu, mais je suis assez excitée par cette optique de découverte. »

Lalie Dijoux, qui part aussi à Menton

« Alors au départ c’était pas une évidence pour moi. J’ai découvert Sciences Po grâce à l’atelier proposé par mon lycée. J’ai voulu aller à Sciences Po parce que c’est une école qui offre une formation très complète, pluridisciplinaire et très riche sur des sujets qui m’intéressent énormément comme la géopolitique. Je suis vraiment intéressée par la géopolitique depuis que je fais la GGSP. Plus tard, j’ai pas encore beaucoup d’idées, mais je sais que j’aimerais m’orienter vers un master toujours à Sciences Po, soit en relations internationales, soit en marketing dans le secteur du luxe pour travailler peut-être dans le commerce du luxe à l’international. »


Etienne Satre

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A propos de l'auteur

Etienne Satre

Journaliste, Etienne Satre a rejoint l'équipe en janvier 2024 en tant qu'apprenti journaliste. Il étudie à l'Institut de l'image de l'océan indien (Iloi) basé au Port.

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